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24/03/2006

Nul n'est censé ignorer la loi

Bizarrement, au procès de l’OM, tous les prévenus connaissent l’article de la loi de 1984 qui fixe la commission maximale de l’agent à 10% du montant du transfert, mais aucun ne connaît l’article de la même loi qui oblige tout transfert de joueur depuis ou vers l’étranger à transiter par un agent français…

Héritage

Quand RLD a embauché Courbis, il lui a dit « pas de matche arrangé, pas de dopage, pas de magouille ». Ça ne suffit malheureusement pas pour solder l’héritage laissé à l’OM par Tapie.

Nanard avait aussi laissé en souvenir des contrats de reclassement d’anciens joueurs qui, comme Marcel Dib, avaient reçu des garanties d’embauche (même le salaire était prévu) dans la direction sportive de l’OM. Effaré par le nombre de bras cassés qu’il allait récupérer dans sa direction, Roussier a tenté d’annuler ou de minorer ces contrats avec l’aide de la Ligue. En vain.

On en a vu les conséquences dans le transfert da Silva. Complètement incompétent sur plan financier, Dib devient l’allié objectif de Courbis, alors qu’un directeur sportif doit justement faire tampon entre l’entraîneur et l’administratif. Le duo s’emballe pour des joueurs qui s’avèreront être des chèvres, quand face à eux Roussier est peu à peu mis sur la touche par RLD.

Autre cadeau empoisonné laissé par Tapie : la gestion des abonnements aux virages par les clubs de supporters. A l’actif : cela entretient la ferveur unique qui entoure l’OM, et les supporters disposent d’un moyen de pression pour que le prix de l’abonnement reste abordable. Au passif : cela crée une pression continue sur la direction du club, confrontée à des clubs de supporters qui s’estiment, non sans raison, co-propriétaires de l’OM. A l’audience, Roussier a souvent parlé du facteur « pression des supporters » pour justifier l’urgence de tel transfert. Face à ça, RLD a joué les girouettes : exigeant de Roussier une augmentation du prix de l’abonnement, il finit par lâcher son président délégué et se choisir un « conseiller du président pour les relations avec les supporters ».

Avant d’en arriver là, Roussier le parisien aura été plusieurs fois séquestré par les supporters dans son bureau, voire malmené physiquement, notamment à l’aéroport de Marignane. Au point qu’il devra un temps être accompagné de gardes du corps.

Depuis la pression est un peu retombée mais le problème demeure. Tapie, dans sa retraite dorée, doit encore bien se marrer.

Des hommes d'honneur

Robert Louis-Dreyfus, Courbis, Angeloglou le martèlent : ils ne sont pas hommes à fuir leur responsabilité. Mais en pratique, à l'audience, ces fort responsables dirigeants ont fait tout le contraire. RLD estime que tout a été commis "à son insu", Courbis noie le poisson quant à son pouvoir réel au sein de l'OM et Angeloglou ne reconnaît que des "appréciations inexactes".

Le seul à assumer, c'est Roussier. Il reconnaît avoir signé les transferts et négocié les commissions, ne pas s'être posé de question parce que "à l'époque, dans le foot, c'était comme ça", avoir foncé tête baissée parce que la pression des supporters était trop forte. Roussier a été le premier président délégué de l'OM version RLD. Après dix jours d'audience, on a l'impression qu'après lui ça n'a plus fait qu'empirer à la direction de l'OM.

Différence

Différence notable entre Laurent et moi, tout de même : il range son bureau avant de partir.

Cible neutralisée

Constatant l'inertie coupable de Starsky et Hutch, Sandrine a jeté elle-même l'énorme sac de pochons plastiques qui sert de nid à nos charmantes mites. Grâce à son courage, nous devrions normalement être tirés d'affaire.

23/03/2006

Quelques p'tites, pour la route...

Copyright 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

« Je ne vais pas applaudir frénétiquement à tout ce qui se passe à l’OM, rassurez-vous » Me Paul Lombard, avocat de l’OM, partie civile au procès contre son actionnaire principal Robert Louis-Dreyfus

« J’ai bien vu vos règlements : au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme » Turbeaux à François Ponthieux, président de la DNCG, sur les sanctions prévues contre les clubs en dérive financière

« Je suis le seul avocat entre les ayatollahs du chiffre » François Ponthieux sur la composition de la DNCG

« C’est comme dans les films » le procureur Marc Cimamonti et Me José Allegrini, en chœur, alors que François Ponthieux explique que les membres de la DNCG sont nommés par « les grandes familles » du foot

« C’est ma première intervention idiote » Me José Allegrini après sa remarque sur les nominations à la DNCG

« Vous n’êtes pas comme Robert Duvall dans Le Parrain, vous n’avez pas qu’un seul client » Turbeaux à Me Denys Angeloglou

« Comme toujours en matière financière, on est un peu déçu quand on regarde les expertises » Vincent Turbeaux

« Un joueur argentin de 17 ans, c’est pas comme 17 ans en Afrique, c’est vraiment 17 ans » Rolland Courbis

« On ne juge pas les mauvaises affaires qu’a faites l’OM parce que là, sinon… » Vincent Turbeaux

« Vous achetez un joueur argentin mineur via une société britannique : pour un gars normalement constitué, élevé en Europe occidentale, qui a entendu parler de Thomas Jefferson et de Benjamin Franklin, vous ne vous posez pas de question ? » Turbeaux à Yves Marchand

« Je fais confiance aux gens qui me demandent de signer » Yves Marchand à Turbeaux

« J’aurais mieux fait de ne pas parler espagnol » Angeloglou sur son implication dans le transfert de Calandria

« Là monsieur, il s’agit pas de vendre des téléphones portables ! » Turbeaux à Angeloglou sur le transfert Calandria

« Votre analyse n’est pas inexacte, elle est totalement erronée » Turbeaux à Angeloglou à propos du moment où il rédige le contrat de transfert de Calandria

Monster mayhem II, le retour du fils de la vengeance

Mouhahaha ! Laurent, qui remplace Starsky pendant ses vacances, est aussi bordélique que moi ! Tous nos bureaux sont dorénavant jonchés de papiers, je ne lutte plus seul ! Reconnaissons tout de même que je suis en largement en tête du quarté pour le bureau le plus rempli. Laurent vient en deuze, suivi de Sandrine qui devance d'une courte tête notre stagiaire Julien.

Pour limiter la casse, j'ai tout de même rangé mes sept dictionnaires bien en rang d'oignons à côté de mon ordi. Une goutte d'ordre dans cet océan de bordel, un peu de poésie quoi...

Bétail

On avait déjà eu d'Onofrio qui se vantait "d'avoir" 35 joueurs, on a eu hier l'avocat et ami de RLD Denys Angeloglou qui rédige en 1999 un contrat stipulant que le joueur Pablo Calandria (17 ans à l'époque) "appartient à la société Quadrisport" domiciliée dans un bureau bidon à Londres. Le président Turbeaux a beau rappeler le code civil, qui interdit que les personnes physiques soient propriété de sociétés, sur le coup ça ne lui a pas semblé bizarre à Me Angeloglou.

En même temps, nos footeux sont-ils vraiment à plaindre ? Sûrement pas ceux qui percent dans le foot business : nourris, logés, blanchis, appartement, voiture, téléphone portable... Ils ont tout, ne paient rien et, comme nous l'a prouvé Dugarry hier, sont à l'abri des foudres de la justice (à moins que, dans les enquêtes encore en cours, le parquet ne se concentre que sur trois ou quatre transferts emblématiques pour les traiter de A à Z, comme le souhaite le procureur Jacques Beaume)

Pour les autres, ceux qui ne réussissent pas, on a l'impression d'un vaste marché de l'être humain. "Attention, un joueur de 17 ans en Argentine c'est pas comme 17 ans en Afrique, c'est vraiment 17 ans" disait Courbis hier. T'as raison Rolland, faudrait pas se faire refiler une vieille carne en lieu et place d'un poulain fringant.

Raoul Duke, journaliste de sport en salle (d'audience)

22/03/2006

J'ai poussé trop vite...

A écouter les dirigeants de l'OM raconter l'ascension fulgurante du club après son rachat par RLD (4e puis 2e au championnat en moins de trois saisons), on finit par se demander si l'OM n'a pas remonté la pente trop vite.

"Si monsieur Louis-Dreyfus n'avait pas investi dans l'OM, le club aurait pu se retrouver plusieurs fois en cessation de paiement" a assuré ce matin un expert-comptable cité par les avocats de l'OM, partie civile au procès. Bien dit mon gars ! D'autant que, comme le montrent les stats de la DNCG sur la saison dernière (et sur l'ensemble des saisons d'ailleurs), il n'y a pas de corrélation entre le niveau de budget d'un club et ses résultats sportifs.

L'OM, donc, ou l'histoire d'un club qui a voulu sa faire plus beau qu'il ne l'était, qui a préféré la frime d'acheter quelques joueurs de renom plutôt que de perdre du temps à créer un collectif. En bourse, faire des coups plutôt que d'investir sur le long terme, on appelle ça spéculer. Et quand on spécule, on finit un jour ou l'autre par se retrouver ruiné.

Minable jusqu'au bout

Christophe Dugarry ne sera pas entendu par le tribunal. L'ex-joueur de l'OM a été surpris par le président Turbeaux en train de discuter avant l'audience avec l'avocat de son ancien agent Licio d'Onofrio. Logiquement, le parquet a demandé que le témoin, dont l'impartialité ne pouvait plus être garantie, ne soit pas entendu. Ce que le tribunal a tout aussi logiquement accepté.

Dugarry avait été cité par la défense de Rolland Courbis. Me Allegrini, avocat de l'ex-entraîneur, "regrette" que Duga n'ait pas pu témoigner. Mais il assure que l'avocat de d'Onofrio voulait simplement guider Dugarry vers la salle d'audience, puisqu'il n'y avait pas d'huissier disponible.

Cet incident d'audience, tellement énorme qu'on pourrait le croire provoqué, donne le haut-le-coeur :

-soit l'avocat de d'Onofrio a agi en toute bonne foi, et il est incroyablement naïf pour un avocat de son expérience dans un procès aussi tendu

-soit il était vraiment en train de faire la leçon à Dugarry, et dans ce cas-là il fait preuve d'un toupet incroyable. Tout le monde sait que les témoins peuvent être contactés avant l'audience. Quel besoin de le faire au tribunal, sous le nez du président ?

On ne saura donc rien de ce que Dugarry connaissait des conditions de son transfert à l'OM. On en saura pas plus sur l'argent que d'Onofrio a viré sur un compte de Dugarry au Luxembourg après son transfert.

On en saura rien aussi parce que le juge d'instruction n'a pas cru nécessaire d'interroger les joueurs au cours de son enquête. Par manque de moyen devant l'ampleur du dossier, peut-être. La grande famille du football en sort une fois de plus grandie...

20/03/2006

Sssssboiiiiingggg !!!

Copyright Marc Cimamonti et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

"C’est question pour un champion !" : le procureur Marc Cimamonti à un avocat qui demandait si quelqu’un dans la salle connaissait le prix de vente de Diawara lors de son transfert de l’OM au PSG

La poursuite impitoyable

Copyright Vincent Turbeaux et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

"Je confesse que je suis de ceux qui passent à l’orange bien mûr et qui sont contents qu’il n’y ait pas de gendarmes " le président Vincent Turbeaux après avoir précisé n'être pas favorable à ce que toutes les personnes qui pourraient être incriminées dans une enquête soient systématiquement renvoyées devant un tribunal

Coach Courbis, I presume ?

Copyright Rolland Courbis et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

-"Je vais essayer de vous convaincre une nouvelle fois, je me mets à votre place, je vous le promets" Courbis au président Turbeaux

-"Pour la présentation d’Anelka à son retour du PSG, ils ont tout de même fait défiler en peau de bête un type qui leur a coûté 200 millions de francs alors qu’il leur avait été piqué à 4 millions de francs par Arsenal"

-"Si je signe, je signe Rolland Courbis puisque je suis Rolland Courbis" à propos du contrat Diawara échangé par fax entre l'hôtel de Courbis sur le Vieux-Port et le Standard de Liège où RLD assistait à un match

Allers-retour

Echange ce matin entre le président Turbeaux et Rolland Courbis à propos de Pierre Dubiton, ex-comptable de l'OM, grand pourfendeur de la mafia du foot mais lui-même condamné à trois mois de prison avec sursis pour le transfert en 2001 de Pascal Nouma :

-Turbeaux : "Lors du transfert de Da Silva, Dubiton s'étonne que le paiement se fasse sur un compte off-shore..."

-Courbis : "Oui mais de toute façon Dubiton il crie tout le temps, il veut tuer tout le monde, il dit qu'il est protégé..."

-Turbeaux : "C'est vrai que les gens qui font des allers-retour à la direction de l'OM doivent être sujets à caution. Dubiton c'est un fondu, uniquement de football j'espère. Vous vous avez été entraîneur de l'OM qu'une seule fois, vous êtes moins fondu".

17/03/2006

Où Rouletabille disserte de la séparation sport / informations générales

Vous aurez sans doute remarqué qu'à de rares exceptions près (Libé, par choix, L'Equipe, par nécessité) les journaux traitent le procès des transferts suspects de l'OM dans leurs pages "informations générales" plutôt que dans leurs pages "sport". 20 Minutes Marseille n'échappe pas à la règle.

A la locale, on ne s'est même pas posé la question. Pourtant il y a matière à débat : l'argent douteux, le dopage, la tricherie, la violence dans les stades (matches pro ou amateur) ça fait partie du sport. Ne pas traiter ces sujets dans l'endroit du journal où l'on parle tous les jours de sport, ça peut  entretenir l'illusion du sport propre (si tant est qu'elle existe encore, mais c'est un autre débat).

Cette séparation nette du "sport" et du faits divers sportif est profondément ancrée dans les rédactions et parmi les journalistes des deux rubriques. Au début de sa glorieuse carrière, votre serviteur a ainsi vu un journaliste sportif menacer un entraîneur de foot "de balancer l'info aux faits-diversier" s'il ne calmait pas ses joueurs les plus violents. Il n'était même pas venu à l'idée du confrère qu'il pourrait écrire lui-même le papier, tant la mention du "faits divers" fait peur au sportif.

Raoul Duke, docteur en journalisme 

16/03/2006

A l'heure du doute

Je m'en veux. Lundi soir je n'ai pas cité dans mon papier le procureur de Marseille Jacques Beaume qui disait que les réquisitions "tiendraient compte du rôle social de l'OM" à Marseille.

Au début ça m'a paru être une évidence. Dans tout procès, on essaie de demander une peine qui prenne aussi en compte l'impact qu'aura la condamnation sur l'entourage du condamné. En l’occurrence pour l'OM, on parle de toute la ville, de son identité. Est-ce qu'il y a un club de foot en France dans lequel la mairie s'implique autant (au point de reprendre la gestion de l'OM en 1995 après le dépôt de bilan causé par Tapie) ?  Un club dont les associations de supporters se sont vu, il y a quelques années, proposer un partenariat par l'Etat au vu de leur succès dans "l'insertion des jeunes". Beaume ne fait que dire une évidence.

Et en même temps, comme l'écrit Michel Henry dans Libé, est-ce qu'on juge avec France Football posé sur le code pénal ? Je ne sais plus quoi penser, en tant que journaliste et en tant que citoyen.

Justice aveugle, presse muette

Proposition pleine de bon sens sur l'affaire d'Outreau de Maryse Joissains, députée-maire (UMP) d'Aix, et accessoirement avocate : "la presse ne devrait pas être autorisée à parler avant que la personne soit jugée".

Bien dit Maryse ! Voilà qui serait bon pour la démocratie, comme dans l'affaire des faux électeurs de Paris, qui a mis 17 ans avant d'arriver devant un tribunal.

Ou l'affaire du sang contaminé, sur laquelle Maryse est montée au créneau comme avocate et dont la cour de justice de la République a été si prompte à s'emparer...

Vainqueur toutes catégories

La palme d'or de la quatrième journée d'audience est attribuée à... Licio d'Onofrio pour sa réplique-culte « pour la Suisse, c’est pas occulte ! » à propos des commissions versées pour le transfert d’Ibrahim Ba.

(Copyright Licio d'Onofrio et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006)

Oh, Vincent !

Copyright Vincent Turbeaux et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

« Courbis est en train de s’échauffer il va entrer sur le terrain » Turbeaux pour appeler Courbis à la barre

« Il y a des fois où je ris quand je lis les dépositions »

« Vous avez fait la même chose, vous allez pas leur cracher dans les bottes » Turbeaux à Roussier, sur les conditions de transferts à l’OM et aux Girondins de Bordeaux

« Expliquez ça à quelqu’un comme moi qui se borne à poser ses fesses sur un fauteuil de stade »

 

« Pour la première fois de ma carrière, cette année, j’ai eu un gars qui m’a dit « oui, j’ai piqué dans la caisse » » Turbeaux parlant d’une ancienne affaire

 

« Sur le transfert d’Ibrahim Ba, on croit rêver : tout le monde palpe de partout »

 

« Ça fait deux fois que vous passez les plats » Turbeaux à d’Onofrio sur les rétrocessions de commission

« Si vous ne faites pas la nounou d’un joueur quelque part en Europe cet après-midi, restez avec nous, ça va être intéressant » Turbeaux à d’Onofrio

Oh, Rolland !

Copyright Rolland Courbis et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

« L’OM est un club où il est très difficile de jouer et de s’adapter »

« Je veux savoir si dans mon vestiaire il y a un équilibre financier, parce que les joueurs se parlent et s’ils ne se parlent pas, leurs femmes se parlent. Et s’il y a un déséquilibre financier, on va le retrouver sur le terrain » Courbis, sur le salaire de ses joueurs

« Je vais laisser ma modestie habituelle de côté »

« Dugarry, je sais qu’il loge à l’hôtel et qu’il prend 2-3 kg avec les tapas : j’ai pas besoin de l’appeler pour savoir qu’il est transférable » Courbis sur la situation de Dugarry au Barca

« Dans une négociation, je ne sais toujours pas la différence entre un argument commercial et un mensonge »

« Ce que vous faites me passionne beaucoup : mon boulot aussi c’est de deviner la stratégie de l’adversaire » Courbis au procureur

« Je suis assez dépensier »

« Vous pouvez quand même me remonter un peu le moral et reconnaître que rien n’est établi sur le transfert de Ravanelli et Dugarry ! » Courbis au président Vincent Turbeaux

15/03/2006

Dix minutes de pause

Suspension d’audience : Roussier discute avec son avocat puis fait les cent pas dans le tribunal, les yeux rivés au sol.

Assis derrière, d’Onofrio évoque avec Louis-Dreyfus les plus beaux penalties obtenus par Ravanelli « ah non il était pas tombé, tu te rappelles pas ? Il avait vraiment été crocheté dans la surface ! ».

Sur le banc de touche

A tous points de vue, le procès de l’OM est vraiment hors normes : salle grande et lumineuse, micros qui marchent, rétroprojecteurs. Un confrère de l’Est Républicain, en connaisseur : « on se croirait au procès Papon ! ».

Les policiers de garde, avenants, sont, eux, limite blasés : « vous savez, j’ai fait le procès OM-VA, puis tous les grands voyoux, je suis habitué… ».

Challengers

Procureur et prévenus ne sont pas mauvais non plus au jeu des petites phrases :

le procureur Marc Cimamonti à Roussier : « Miggliaccio (agent de Laurent Blanc ndlr), au moment où vous finalisez le transfert, il comparaît pour le premier procès des comptes de l’OM. Ca ne vous pose pas un problème ? Ca ne vous amène pas à prendre des précautions ? » Roussier : « Ma priorité c’est d’avoir Blanc. Si je dois dire que Blanc ne vient pas à l’OM parce que son agent c’est Miggliaccio, je ne sors plus de mon bureau ! »

« c’est un des mystères de l’OM » Roussier à propos d’une facture dont il a interdit le paiement, et qui a été payée quand même

« se battre contre le fisc, c’est comme jouer à 9 contre 11 » Rolland Courbis

« quand Sony Anderson nous met un but qui nous prive de coupe d’Europe, je ne me demande pas si c’est un abus de biens sociaux, je me dis que c’est un tir du droit en pleine lucarne » Rolland Courbis

« je sais reconnaître quand un dossier d’accusation a des lacunes, je suis un grand garçon » le procureur Marc Cimamonti

« ces documents puent le faux et la manipulation, je ne les utilise même pas dans mon réquisitoire définitif » le procureur Marc Cimamonti

Turbeaux for president

David, chroniqueur judiciaire à La Marseillaise, m’avait prévenu : «Turbeaux est vraiment excellent : il connaît ses dossiers sur le bout des doigts, tient parfaitement l’audience et a un super humour ironique ».

Et c’est peu de le dire : tout en restant avenant, le président de la 6e chambre correctionnelle, qui juge les transferts de l’OM, ne lâche pas ses prévenus, quitte à les tacler rudement quand, David dixit, « ils mentent et que c’est trop éhonté ».
 
Florilège de Vincent Turbeaux, mon nouvel idole :
 
-« Bonjour et bonne semaine à Marseille ! » lance-t-il à l’ensemble de la salle pour la première journée d’audience

-« Comme dans les poèmes de Rimbaud, il est midi, l’heure de se réveiller. L’audience est suspendue jusqu’à 13h30 »

-« Déjà agent de joueurs ça me tente, mais là entraîneur c’est encore mieux », quand Courbis lui parle de son salaire

-Robert Louis-Dreyfus maintient que l’OM n’a pas perdu d’argent sur le transfert de Laurent Blanc. Il a été engagé pour 2, 5 millions de dollars, revendus trois millions deux ans plus tard, « donc on n’a pas été lésé ». « Ah d’accord vous voyez ça sur le long terme » sourit Turbeaux

-« la loi de 2004 qui donne aux sportifs un droit sur leur image tombe un mois et demi après que la Cour de cassation ait dit le contraire »

-« Monsieur Thiriez se fera un plaisir de revenir, il adore Marseille » aux avocats qui lui demandent de faire témoigner le président de la Ligue

-« quand je pense que je fais mes photocopies ! » à Roussier qui lui explique avoir fait la déclaration d’impôts de Ravanelli et lui avoir acheté ses machines à laver

-« vous ne pouvez pas demander des instructions clôturée rubis sur l’ongle, il ne nous resterait rien à débattre et vous rien à dire » aux avocats des parties civiles (dont l’OM ndlr) regrettant que les joueurs n’aient été ni poursuivis ni interrogés pendant l’enquête

-« normalement en voyant ça, vous devez avoir les pieds au plafond pendant deux heures ! » à Roussier à propos d’une facture adressée à l’OM par un agent

-« à la 6e chambre (qui juge surtout des affaires financières ndlr), on apprend à ne s’étonner de rien »

-« IAM (société immatriculée au Liechstenstein ndlr) c’est votre portefeuille pour défiscaliser à mort, d’accord. Mais le problème c’est que l’OM aussi le sait » à Licio d’Onofrio sur le transfert de Ravanelli

-« vous lui avez montré des photos de Marseille : la Canebière, Notre-Dame-de-la-Garde… C’est pas comme s’il signait un contrat avec Göteborg ! » à Roussier à propos du transfert de Ravanelli

-lisant des extraits de comptes : « moi j’ai confiance dans les banques suisses… En plus vous êtes coquins : vous mettez les sommes en francs suisses, ça fait moins gros »


14/03/2006

Pistolero

Alors que je devisais assis à mon bureau du journal, téléphone dans la main gauche, j'ai réussi à saisir de la main droite une mite en plein vol, comme le cow-boy des Sept Mercenaires, avant de l'écraser sur le bureau d'un magnifique coup droit.

L'ennemi a déjà lancé des opérations de représailles : en rentrant chez moi jeudi, j'ai surpris une mite en train de décoller de mon sac où elle s'était sournoisement planquée pour aller visiter mon appartement. Elle a voleté prestement derrière ma bibliothèque et je ne l'ai pas revue depuis. Sans doute un début de colonisation. Aaaaargh !

Derrière le grand gars avec l'écharpe de l'OM

Damned ! En me plaçant dans le box des accusés (réservé à la presse pour l'occasion), je me suis retrouvé pile dans l'axe entre Robert Louis-Dreyfus et la meute de cameramen-photographes qui poireautent à la sortie de la salle d'audience. Je crois que j'ai dû faire toutes les unes de journaux télé du soir et au moins quelques photos dans la presse.

Que du bon tout ça, ça fait de la pub à 20 Minutes et ça flatte mon égo, mais comment expliquer à mes parents que non, l'accusé c'est pas moi, c'est le grand gars devant moi ?

La porte du tribunal : leçon n°1

Quand tu sors de la salle d'audience d'un procès à grand spectacle comme celui de l'OM, il y a une technique pour ouvrir les portes, coco : tu les pousses d'un geste ample et lent à la fois, en te baissant le plus bas possible pour que tes collègues photographes, qui n'ont pas le droit d'entrer dans le tribunal et qui poireautent dehors, puissent photographier les prévenus pendant quelques instants avec leurs téléobjectifs.

Et oui c'est ça aussi l'méétier p'tit gars. 

13/03/2006

Rockstaz

Eeeh dis toi, jeune fille ! Tu as envie de rencontrer live et face to face le Robbie Williams français sauf que celui là, en plus de jouer au foot, il chante des choses intelligentes ?

Et toi jeune homme, tu as envie de pouvoir te la péter devant tes potes dans dix ans en disant : "ouaip je les ai vus en concert alors qu'ils débutaient, ils étaient pas encore connus. Ils sont venus boire un verre chez moi, on a trop déliré, je te montre les photos quand tu veux" ?

Oui ? ?

Eh bien fonce voir le prochain concert de Nacimiento. Ils jouaient samedi au Magic Mirror et ils ont tout pété. Comme d'ailleurs leur petits amis Vibrion, Rit et Sons of Gaïa.

La scène locale était en force ce soir-là pour Amnésie Internationale. Au même moment, sur l'autre scène, les vétérans des Wriggles, Saïan Supa Crew et No One Is Innocent assuraient des sets de qualité. Mais quelque chose y manquait. Quelque chose qui avait migré insensiblement vers ces jeunes  Marseillais qui taquinaient leurs grattes au Magic Mirror.

Raoul Duke, docteur en journalisme

12:15 Publié dans Copinages | Lien permanent | Commentaires (0)

Vendetta

Réaction virile du préfet de Corse après l'assassinat  vendredi à Ajaccio de l'élu UMP Robert Feliciaggi : "des consignes très fermes ont été données afin de tout mettre en oeuvre pour identifier les auteurs de cet assassinat".

J'adore ce genre de pléonasme. J'attends avec impatience le préfet qui dira "des consignes particulièrement molles ont été données à nos services pour qu'ils se mettent les pieds sous la table en attendant que l'assassin se fasse serrer pour avoir brûlé un feu rouge alors qu'il transportait l'arme du crime sur le siège passager de sa voiture".

Y aurait-il donc des assassinats qui ne valent pas de "tout mettre en oeuvre" pour les élucider ? Certes, nous les bons citoyens qui voulons payer moins d'impôts, nous savons tous que la justice doit composer avec ses maigres moyens et se retrouve débordée. En Corse plus qu'ailleurs puisque selon un rapport du parquet d'Ajaccio, moins de la moitié des plasticages sur l'île donnent lieu à une saisine du parquet antiterroriste. La spécificité corse, c'est cela aussi.



12/03/2006

Attack of ze monster mayhem

Alerte ! Je crois que j'ai contaminé Sandrine. Son bureau commence à déborder sur le mien : 300 g de papier ont glissé de sa bannette et se dirigent vers l'interrupteur de mon ordi ! C'est un signe avant-coureur ! Starsky est définitivement devenue l'oasis de rangement dans cette locale !

 
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