Avertir le modérateur

30/08/2008

Nous venons déjà de frôler l'incident...

La visite de MAM a d'ailleurs failli être le théâtre d'une tragique méprise. Ministre oblige, la maison poulaga avait mis les petits plats dans les grands niveau sécurité à la cité Félix Pyat : tireur d'élite du GIPN sur le toit, policier flashball à la main, collé à la ministre, nuée des gars de la BAC en civil tout autour*.

Devant le déploiement de force, je charrie un peu Rémy, de Rue 89, qui porte toujours un badge RESF sur son sac, sur l'air de "tu vas te faire arrêter avec ça".

La visite commence, Rémy et moi restons dans le premier cercle autour de MAM, pour essayer d'entendre ce qu'elle dit.

Fin connaisseur de la police, Ian, photographe de Réa, est un peu en retrait, là où les flics discutent à radio ouverte, sans risque de gêner la visite.

Alors qu'on poireaute au pied d'un immeuble, Ian se dirige vers Rémy :

-Tu sais que t'as failli te faire arrêter !

-Ah bon ?

-Ben oui tout à l'heure à la radio ils disaient : "Y à un badge RESF ! A côté du chauve !" Heureusement il y en a un qui a dit : "C'est bon, il est "presse"."

Sur le coup, on a bien rigolé en imaginant ce qui ce serait passé s'ils n'avaient pas vu nos badges presse. Quelques jours plus tard, avec le recul, j'ai un peu moins rigolé.

 

Raoul Duke, journaliste bobo gauchiste

 

*Dont un très discret équipé de son revolver de service dans son holster, tonfa dans la poche arrière, radio, gilet pare-balles, le tout recouvert par un T-shirt histoire qu'on ne voie rien.

 

29/08/2008

Bis repetita placent

Dans le tumulte de notre départ en vacances, j'avais oublié de vous raconter la visite de Michèle Alliot-Marie à Marseille, le 8 juillet dernier.

L'objet de la visite en lui-même était déjà baroque : MAM venait installer une des ses "unités territoriales de quartier", des flics qui vont faire exactement la même chose que la police de proximité, enterrée par Sarkozy quand il était ministre.

A Marseille, en plus, on l'a même pas attendue pour faire de la "pol-prox" : ça fait 17 ans (oui, dix-sept*) qu'on bénéficie d'une unité de prévention urbaine, des flics qui vont en civil et sans arme faire le tour des asso, des salles de sport, des centres sociaux etc. pour faire le lien avec les habitants et, le cas échéant, faire remonter leurs doléances.

Ca n'empêche sûrement pas la délinquance, mais ça figure parmi les raisons (avec l'OM, la plage, la topographie etc.) pour lesquelles les "quartiers" n'explosent pas à Marseille. Il y a l'économie souterraine aussi, bien sûr, mais elle doit être tout aussi importante à Paris, et Paris explose quand même.

Et puis pour une fois que l'Etat envoie quelques flics supplémentaires pour faire autre chose que de la répression pure et simple, on va pas cracher dessus...

 

Raoul Duke, criminologue par correspondance

 

*Grâce soit rendue aux directeurs de la sécurité publique qui, allant parfois à l'encontre de l'air du temps politique, ont préservé cette unité. Itou pour les centres de loisirs de la police qui organisent les activités sportives sur les plages pendant l'été.

 

Vitesse moderne

Lu sur un panneau routier, sur l'A7 :

"Moins vite = moins cher"

26/08/2008

Que de la boucheu

Cri du coeur de Bernard Latarjet, directeur de la candidature pour Marseille-Provence 2013 :

"La faiblesse de notre dossier dont je n'ai pas parlé, le handicap le plus lourd, c'est le scepticisme. Et quand je parle de scepticisme je suis poli. Ca c'est un vrai handicap. Quand on entend des députés du territoire ricaner à Paris sur notre candidature, c'est terrible. Parce que tout finit par se savoir au sein du jury, à Bruxelles."

L'accusation est lourde, mais vraie. Plusieurs responsables politiques locaux de haut niveau ("senior" comme on dit dans la presse américaine) ne se privent pas de dire "off" que Marseille a déjà perdu la course pour être capitale européenne.

Latarjet, au contraire, croit dur comme fer dans les chances phocéennes. Il est payé pour, direz-vous. Certes, mais son argumentaire est quand même très pertinent.

En gros : de par son métissage, ses tensions sociales, son ouverture vers l'Orient, son économie de l'échange, Marseille est à la pointe de tous les défis auxquels vont être confrontées les grandes villes européennes. L'argument portera-t-il ? Réponse le 16 septembre.

D'ici là, Latarjet enjoint tout le monde à l'optimisme : "Même si vous n'êtes pas convaincus qu'on peut être capitale européenne de la culture, dites quand même que vous la voulez !" Sourions encore quinze jours et Marseille est sauvée.

 

Raoul Duke, docteur en journalisme

 

22/08/2008

Ici Londres

"Je relisais le télégramme : "Rentrez à Paris".

"C'était une idée de mon journal. Chacun sait que, les journaux ayant des idées sur tout, il faut se garder de discuter les idées de son journal, principalement quand elles sont accompagnées d'un chèque en bonne forme."

Albert Londres, Dans la russie des soviets, 1921

No sitting

Marseille fait la chasse aux bancs publics et une lectrice de Rue 89 s'en offusque fort justement ici.

 

Argent ne dort jamais

Les élus le pressentaient, mais c'est toujours bon à mettre noir sur blanc : le Canard (20/8) souligne que les dotations de l'Etat aux collectivités locales vont augmenter moins vite que l'inflation. Même l'UMP, qui préside l'association des maires de France, s'en inquiète.

Car ces dotations représentent une part importante (30% à 50%) des finances des collectivités. De son côté, l'Etat jure ses grands dieux que les dotations augmentent. C'est vrai mais, comme l'explique le Canard, c'est surtout dû à la hausse des remboursements de TVA. Devant le désengagement de l'Etat, communes et agglo investissent davantage, et donc l'Etat leur rembourse plus de TVA*.

Tout ça n'est pas de bon augure pour la communauté urbaine de Marseille, déjà lourdement endettée. Comme l'a confirmé le débat sur le rapport de la chambre régionale des comptes, la promesse de la gauche de "ne pas augmenter les impôts en six ans" a déjà du plomb dans l'aile.

 

Raoul Duke, apprenti financeur public

 

*Remboursement après un petit délai permettant une savante martingale qu'avait détaillée à la presse Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) au maire, chargé des finances : l'Etat rembourse la TVA avec un délai conséquent, disons un à deux ans. Pendant ce temps, l'argent repose dans un compte où il produit des intérêts, que l'Etat conserve bien évidemment. Pour des investissements comme le tramway (presque 500 millions d'euros), ça peut représenter une jolie somme.

 

Importance d'être constant

Profond de soupir de Starsky posant le regard sur mon bureau, alors qu'elle parle au téléphone :

-C'est pas possible, c'est innomable, c'est toujours autant le bordel. La seule fois où c'était vraiment présentable, c'est quand je me suis assise à côté de lui et que je lui ai expliqué comment il fallait ranger...

-Oui mais maintenant au moins il n'y en a plus sous la table, faut voir le côté plein du verre...

-Mais ça fait quatre ans que je vois le côté plein du verre !

21/08/2008

Neighbourhood watched

Taggé sur une façade de la rue Roux de Brignolles :

« Aidez la police, dénoncez vos voisins ! »

 

Le bonjour d’Albert

Quand j’ai dit à Starsky que j’avais enfin lu Albert Londres en profondeur et que c’est génial, elle a poussé le soupir de ceux qui l’ont toujours dit mais que l’on avait jusque-là pas assez écouté. En effet, au bout de dix ans de carte de presse, l’oubli était plus que coupable, presque criminel.

Car, campé au beau milieu des années folles, Londres est ce que le journalisme devrait toujours être, même s’il ne l’est quasiment* plus : une ode au long reportage et au vagabondage, où tout peut faire un bon papier. Un mois à Cayenne pour une critique assassine du bagne, six mois à sillonner l’Hexagone pour décortiquer son système psychiatrique, tout un tour de France dans la roue des cyclistes professionnels. Et à chaque fois un rédacteur en chef qui dit «allez-y ».

Dans plusieurs de ses articles, notamment Chez les fous quand il tente de se faire interner, ou dans Marseille, porte du Sud quand il part à la rencontre du grand chef du trafic d’opium, Londres développe en plus une forme de reportage déjanté qui préfigure étonnamment le gonzo-journalisme de Hunter S. Thompson : le reporter devient personnage et acteur principal de l’article, on ne sait plus où est la réalité et où est la fiction, le tout lié par un solide sens de l’humour.

Pour ceux qui voudraient se frotter au maître, la BMVR dispose de pas moins de 25 exemplaire de ses œuvres. Pour ceux qui trouveraient rayonnage vide (notamment suite à mes emprunts), Au Bagne, une des plus grandes œuvres de Londres, est disponible ici au format pdf.

Raoul Duke, docteur en journalisme


*A part quelques magazines de grand reportage comme le New Yorker ou XXI

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu