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14/03/2006

La porte du tribunal : leçon n°1

Quand tu sors de la salle d'audience d'un procès à grand spectacle comme celui de l'OM, il y a une technique pour ouvrir les portes, coco : tu les pousses d'un geste ample et lent à la fois, en te baissant le plus bas possible pour que tes collègues photographes, qui n'ont pas le droit d'entrer dans le tribunal et qui poireautent dehors, puissent photographier les prévenus pendant quelques instants avec leurs téléobjectifs.

Et oui c'est ça aussi l'méétier p'tit gars. 

12/03/2006

Les vraies questions de fond

Au lancement du journal, on faisait quasiment tout nous-même, coco, comme je te le dis : le standard téléphonique (aujourd'hui aussi d'ailleurs), le recyclage (itou), l'administratif et surtout LES FOURNITURES.

Ça n'a l'air de rien comme ça mais vous n'imaginez pas le temps que ça bouffe d'aller se fournir en stylo, cahiers, cartouches d'imprimantes et PQ.

Depuis quelques semaines on a un contrat avec une société qui nous livre tout ça à domicile (même le PQ). On peut donc se concentrer sur des questions plus journalistiques et beaucoup plus inextricables du style "comment je vais résumer cinq ans d'enquête sur les transferts suspects de l'OM en 4500 signes, espaces compris".

Et dans ces-moments là on se dit que les problèmes de PQ, tout bien pesé, c'était plus facile.

27/02/2006

Publicité mensongère

Tu lis 20 Minutes Marseille depuis son lancement, coco ? Alors tu as peut-être été abusé par cette pub qu'on publiait au début : "20 Minutes, 40 journalistes à votre service" avec cette photo d'un immense open space rempli de journalistes martyrisant frénétiquement leurs claviers. En fait cette photo est celle de la rédaction centrale, effectivement sise dans un open space, dorénavant boulevard Haussmann (oâh) avec vision à 360° sur les toits de Pâris (re-oâh).

Au départ les gens étaient donc souvent surpris par la petitesse de nos locaux : en locale, à Marseille, nous sommes trois : Starsky et Hutch pour les pages informations générales "Grand Marseille", Sandrine pour les pages "Marseille Sport". Plus une dizaine de pigistes, fort talentueux confrères journalistes payés à l'article.

Donc ami lecteur, si tu t'énerves que personne ne décroche au standard du journal, que tu n'as pas de réponse au mail sur le concert que tu organises dans une semaine, qu'à la conférence de presse où tu nous attends ce matin tu ne vois personne arriver, tempère ton modeste courroux. On aimerait être partout, mais crénom on a que six bras et trois cerveaux.

AP-RP

Elles t'appellent en plein bouclage

Te demandent si elles te dérangent

Qui sont-elles ? D'où viennent-elles ?

Les âââtaaaachééées d'preeeesssse

Parce que c'est fini le temps où tu pouvais appeler n'importe qui dans une entreprise ou une collectivité, coco. Maintenant tout passe par les attachées de presse (on dit attachées car c'est surtout un métier féminin. Si tu cherches un boulot où il y a plein de jolies filles et aucun mec, deviens attaché de presse coco).

Avantage : les attachées de presse trouvent plus vite le bon interlocuteur.

Inconvénient : elles peuvent constituer un filtre à l'info si l'entreprise / la collectivité a décidé de ne pas parler de certaines choses.

Fort heureusement, ici, les attachées de presse des collectivités et de l'Etat sont des véritables perles.

Elles (et ils, car il y a plusieurs messieurs dans le lot) se démènent pour trouver interlocuteur et info alors que nous appellons quasi systématiquement au dernier moment. Et, last but not least, n'appellent pas derrière si l'article a eu l'heur de déplaire à un élu (contrairement à ce que vivent nos collègues de Paris)

Non les frictions, c'est avec les attachées de presse des entreprises et des boîtes de RP (pour "relations presse" coco) qui sous-traitent pour d'autres .

Par un tropisme étrange, plusieurs attachées de presse de grosses entreprises nous appellent pour savoir si la nouvelle marque de déo trucmuche nous intéresse et si on compte faire un article dessus.

Généralement le coup de fil arrive à 19h, en plein bouclage ce qui amène invariablement la conversation suivante :

-Bonjour, Samantha Ovide pour les déodorants Trucmuche. Je vous dérange ?

-Ben c'est-à-dire qu'on est en plein bouclage là...

-Ah désolée je voulais juste savoir si vous aviez reçu notre communiqué et si vous comptiez en parler ?

-Ben en fait votre déo c'est une sortie nationale, ça n'a rien de purement marseillais, il faudrait plutôt voir avec les pages conso nationales...

-Ah donc vous ne pourrez pas en parler ?

-Hélas non.

-Tant-pis-merci-au-revoir-bonne-journée

Conversation qui appelle plusieurs remarques :

a) pour une attachée de presse professionnelle, c'est tout de même bizarre d'appeler un quotidien à une heure où il est sensé être en plein bouclage

b) pour une attachée de presse professionnelle, c'est tout de même bizarre d'appeler une rédaction locale pour un évènement dont la portée est nationale et devrait concerner toutes les éditions dudit quotidien

Au bout d'une vingtaine de coups de fil de ce genre, on finit par répondre franchement "oui, vous nous dérangez".

Bizarrement, plusieurs AP-RP se sont vexées.

24/02/2006

Attrape-mouches

Bwâhaha ! Presque 500 visiteurs en deux jours sur Starsky et Hutch depuis qu'on est "en ligne et en public" , coco !

Tu te demandes comment on a pu péter le score à ce point ? Y a pas de secret, coco, y a d'la technique, et ça me donne l'occasion de t'entretenir d'un art difficile du journalisme : la titraille.

Pour attirer le chaland, le journaliste mise gros sur le titre de ses articles. Plus un titre est accrocheur, plus il aimantera le lecteur vers le papier. En même temps, il ne faut pas faire dire à un titre plus que ce que ne contient l'article. C'est un exercice d'équilibriste, et pour te faire une idée du truc, visite le blog de Julien, notre talentueux - et souvent brimé - titreur de "Unes".

Quel rapport avec le blog ? Et bien pour essayer de faire un max d'audience, je me suis dit "racontons nos histoires de hotline Etam ! Avec un titre bien putassier contenant le mot lingerie, tout le monde va cliquer dessus!".

En même temps 500 visiteurs si ça se trouve, c'est nul, j'y connais rien en blog... Mais bon ces remarques sur les titres n'en restent pas moins valables, coco.

Raoul Duke, docteur en journalisme

06/02/2006

Calcul mental

 

La locale de 20 Minutes Marseille commence sa journée à 10h du matin.

Elle reçoit chaque jour trois quotidiens, 12 lettres, 27 pages de fax et 140 emails.

Combien de temps lui faut-il pour passer au travers de tout ça  pour être sûr de ne rater aucune information ?

Sachant que les pages Marseille sont théoriquement bouclées à 19h, combien de temps reste-t-il aux journalistes pour faire le reste de leur travail ? 

02/02/2006

Spécialise-toi, qu'ils disaient...

Si tu veux trouver du boulot dans le journalisme, trouve-toi une spécialité coco. Surtout si tu es pigiste, que tu puisses dire aux rédac-chef "je connais ce sujet à fond, mieux que vos propres journalistes"...

Et c'est vrai, c'est louable. En tant que spécialiste tu connais ton sujet en profondeur, tu vois les tenants et les aboutissants, tu ne te laisses pas berner par les techniciens.

Mais en tant que généraliste, rien ne peut remplacer le plaisir de commencer ta journée par un reportage sur la classe cirque du collège Jean Moulin puis puis de changer complètement d'univers avec une conférence de presse du port de Marseille.

Alors hein, coco, vive la presse généraliste !

31/01/2006

Cinq heures moins le quart avant le bouclage (coco-minute)

Tu vois, coco, le temps pour les journaleux est différent du temps pour un homme normal.

En tout journaleux, il y a un petit masochiste qui adore travailler sous pression, donc appeler les gens dix minutes avant de boucler son journal, du style " ouais euh bon le financement du tramway vous pouvez m'éclaircir tout ça en dix minutes et en français courant ? " (et ça c'est dans l'hypothèse où il sait directement qui est la bonne personne à appeler sur le sujet)

Après s'être pris quatre ou cinq refus et s'être fait embarquer par les marins-pompiers pour cause d'ulcère fulgurant et explosif, notre petit maso fait un effort et appelle ses sources le matin voire, soyons fous, deux ou trois jours à l'avance.

Combien de fois ne s'entend-il pas répondre " ah non, Mr/Mme/Mlle/Maître X n'est pas là, il faudrait rappeler demain / dans trois jours / la semaine prochaine " ?

Mais ma bonne dame, il a pas l'temps, l'pôv journaliste ! Il travaille pas que sur un seul sujet dans la journée, déjà ! Il est loin le temps d'Albert Londres où on partait trois mois pour un seul et long reportage sur la guerre de l'opium en Chine (enfin bon j'exagère ça se fait encore mais bon pour 75% des journalistes ça n'est plus le cas).

Certes c'est pas comme si on ne pouvait pas rappeler plus tard. Mais tout délai met en danger la chaîne de l'info, coco. Imaginons que Maître X rappelle à cinq minutes du bouclage avec une info capitale. Ne faudra-t-il pas rappeler toutes les personnes qu'on a eu auparavant pour réagir à cette nouvelle info cruciale ? On fait moins sa maligne, là, hein ? Les tripes commencent à se tordre dans ton ventre de bleusaille...

Alors coco, quand tu croises vers 19h un homme hagard, carnet à la main, sueur aux tempes, serrant dans sa main moite son téléphone portable, témoigne-lui de l'amitié coco car cet homme est ton frère, cet homme est un journaliste.

La coco minute, mode d'emploi

Tu veux découvrir les arcanes secrètes du journalisme, coco ? Savoir comment travaillent les soutiers de l'information-c'est-vous-qui-la-vivez-c'est-nous-qui-en-vivons ? Alors cale-toi devant ton écran coco, sors tes bretelles, ta Gitane maïs, mets tes pieds sur l'bureau et déguste la coco-minute.

 
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