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17/11/2007

Camarade, ta décision est logique

On le sentait venir* depuis pas mal de temps, mais depuis jeudi c'est officiel : les élus communistes du conseil municipal de Marseille se rallient à Jean-Noël Guérini dès le premier tour. Qu'est-ce qui justifie cet acte politique majeur ? Des raisons avouables et inavouables, toutes très valables.

Officiellement, le groupe "communistes et partenaires" (parce qu'il y a pas mal d'ex-communistes dedans, notamment Annick Boët, ex-president du groupe et soutien de Bové aux présidentielles) se rallie au panache socialiste pour permettre "le plus large rassemblement à gauche" pour battre l'UMP.

Quand on voit les résultats des dernières élections à Marseille,  le rassemblement à gauche s'impose en effet : au premier tour de la présidentielle, les candidats de gauche additionés font 37% tout mouillés. Vu que le mode de scrutin à Marseille impose en plus de se battre sur huit circonscriptions à la fois, l'union semble indispensable.

Dans le même temps, l'union permet au PC d'éviter une très certaine déculottée** : à la présidentielle, Marie-George Buffet n'a recueilli que 2,6% des voix à Marseille. Le parti a fait un peu mieux aux législatives, tournant entre 4% et 6%***. Pas assez pour être sûr d'être remboursé de ses dépenses de campagne s'il décidait de se lancer seul. Enfin, il n'est jamais mauvais de faire plaisir au PS, sans le soutien duquel le PC ne peut plus gagner une élection (municipale, législative, sénatoriale) dans les Bouches-du-Rhône.

Au final, voici une décision de ralliement très rationnelle, certes dure à avaler pour l'honneur des communistes mais qui est dans l'intérêt de la gauche et du parti.

Dans le même temps, les Verts décident courageusement**** de se compter en partant seuls à la bataille au premier tour. Aller dans le mur en sachant pertinemment qu'on y va, ça a de la gueule.

 

Raoul Duke, master en science politique 

 

*Dès le lancement de l'annonce de la candidature de Guérini : ce jour-là, sur le plateau de France 3, à côté des socialistes marseillais, il y avait déjà Frédéric Dutoit, maire PC du 15-16. L'élu avait immédiatement intégré l'équipe de campagne du candidat socialiste. A la différence de Marianne Moukomel, des Verts, présente elle aussi à France  3, mais qui n'a pas franchi le pas.

 

**Comme celle qui s'annonce très certainement pour les Verts s'ils se présentent seuls au premier tour : cf leur 3,3% de voix aux dernières législatives.

 

***Dutoit mais à part, qui a atteint 19%, battu sur le fil par... un socialiste.

 

**** Par 23 voix contre 11 en assemblée générale des militants marseillais. 

12/11/2007

Que d'eau, peu d'eau

L'opposition relance ce matin en conseil municipal le débat sur le prix de l'eau, après l'article de l'UFC-Que Choisir qui accuse la Société des Eaux de Marseille de se faire une marge de 56%.

Les élus UMP-UDF se récrient, disent que la SEM a de lourds investissements à réaliser, beaucoup d'installations à entretenir etc. Tout ça est bel et bon mais concerne uniquement le prix de l'eau, et pas la marge que la SEM se fait dessus.

Au bout d'un quart d'heure sur ce thème, le maire clôt la discussion d'un "On tâchera de vous donner des explications sur la marge." Si même le maire reconnaît que jusque-là, il n'y en a pas eu...

Quarantaine

Ce matin, au conseil municipal, Jean-Claude Gaudin s'en prend, sans citer le nom, à la CGT qui "avec seulement quelques individus, bloque pendant deux semaines le port de Marseille".

Réplique de Robert Bret (PC) : "Et quand c'est un conseiller municipal* qui bloque le port pétrolier ?"

Pas de réponse de Jean-Claude, qui feint de ne pas avoir entendu.

 

 

*Mourad Kahoul, élu UMP et patron du comité des pêcheurs de Paca 

27/10/2007

Full frontal

Dimanche dernier, au petit déjeuner, je vais à la conférence de presse de Marine Le Pen, pour la fin de sa tournée des militants de Paca.

Je me dis "Certes je suis un petit enragé de bobo gauchiste, mais je suis avant tout journaliste. Et puis voilà une occasion de vivre le choc érotique que décrit Philippe Katerine dans son tube 20-40-2005*" : 

Pas de bol : de toute la conférence de presse, je ne me suis jamais trouvé dans le dos de la vice-présidente du FN. Et de face, en ce qui me concerne : aucun choc érotique.

 

Raoul Duke,  docteur en fantasmagorie

 

* "Ouais tu sais c'était samedi là à côté de la maison de la radio. Je marchais dans la rue et pis y a une fille juste devant moi avec ses grands cheveux blonds tu vois ?

"J'ai commencé à la suivre parce -que ..ch'ais pas j'avais envie de baiser pis tout d'un coup elle s'est retournée et là qu'est-ce que je vois ?

"Putain Marine Le pen nan nan Marine Le Pen nan mais, tu le crois pas tu le crois pas ? Putain Marine Le Pen nan nan mais Marine Le Pen nan mais, tu le crois pas, tu le crois ça ?"

Copyright Phillipe Katerine 

17/05/2007

Ca mange pas de pain

Idée fulgurante de Guy Teissier, député-maire (UMP) de la 6e circonscription, en campagne pour sa réélection :

"Je défendrai l'exonération d'impôt sur le revenu pour les étudiants qui travaillent pour financer leurs études".

Merci de rapidement présenter à Guytou un étudiant suffisamment riche pour être imposable, mais suffisamment peu pour avoir besoin de travailler pour financer ses études. 

12/05/2007

Equitable café

Cri du coeur d'un candidat FN aux législatives : "20 Minutes c'est correct. Vous parlez du FN. En bien ou en mal, mais vous en parlez."

Je ne sais qu'en penser. 

08/05/2007

Dans les vestiaires de l'équipe adverse

Je le voulais, j'y ai eu droit : suivre la soirée électorale de dimanche à la permanence de l'UMP. Arrivé sur place vers 19h30, la salle de la rue Sainte-Cécile est déjà pleine. Excellente occasion de réviser tous mes préjugés de petit gauchiste Science Po mal dégrossi.

Car surprise (?) : dans l'assistance, il y beaucoup de jeunes, plutôt fashion, de très jolies filles (un peu BCBG, mais pas plus que nombre de jeunes socialistes), quelques quadra-quinquas artisans, ouvriers, les inévitables mamies friquées du 8e... Toutes les classes sociales ou presque (j'ai pas croisé de chômeurs ou d'intermittents).

Renaud Muselier, secrétaire départemental, assailli par les caméras : "En rassemblant 53% des voix avec une participation de plus de 80%, Nicolas Sarkozy a un mandat clair pour réussir la réforme." Et c'est vrai.

Je sors pour filer à la préfecture récupérer les premières estimations. Un peu plus bas dans la rue Sainte-Cécile, au théâtre Divadlo, quelques électeurs de gauche tentent de s'arracher des sourires en proposant d'aller "à la soirée merguez" de l'UMP. Je repense à ce militant croisé à la sortie, mort de rire au téléphone : « Aah maintenant ils vont bouger les Rmistes, on va les faire travailler, ces bâtards ! ».

Je grimpe dans ma voiture, que j'ai laissée en vrac à cheval sur un trottoir. Direction la préfecture, gardée par dix cars de police...

07/05/2007

Balisé

Reportage hier au tournoi "Tu footes, tu votes" dans les quartiers Nord, où le collectif Bouge ta France emmenait les footeux et leurs proches en navette, jusqu'aux bureaux de vote.

Sur place, tout le monde ou presque pense que c'est plié, que Royal va perdre, mais l'ambiance est bonne malgré tout.

Dans un joyeux chahut, on suit avec une consoeur de M6 l'équipe de la Viste jusqu'à son bureau de vote. Arrivés devant l'urne, l'ambiance se tend : le président du bureau refuse qu'on filme ou photographie les jeunes en train de voter. "Les autres personnes qui sont là, ça pourrait les gêner d'être photographiées en train de voter" lance-t-il sans rire.

On tombe des nues : jamais jusque-là on avait eu de problèmes pour travailler dans des bureaux de vote. Mais il est vrai que c'était en centre-ville... On appelle la mairie, ça remonte jusqu'au bras droit du maire. Et on apprend que le cabinet de Jean-Claude a établi une liste de bureaux où la presse a le droit de prendre des images. Dans les autres, c'est interdit, ou alors il fallait demander une autorisation avant. 

Donc, pratiquement, il fallait appeler à l'avance Bouge te France, se mettre d'accord sur l'équipe qu'on va suivre, récupérer l'adresse de leur bureau de vote et avertir la mairie. Bref, transformer un reportage d'ambiance sympa et spontanée en opération des forces spéciales.

Au bout d'une demie-heure de palabres, on obtient finalement le feu vert pour le bureau de la Viste, avec une option pour un autre bureau de la Castellane. Paule, de M6, en a marre :"Perdre autant de temps sur ce genre de conneries, ça sape toute la pêche qu'on a pour faire du reportage..." L'affaire a effectivement été une douche froide pour tout le monde, journalistes et jeunes électeurs.


Raoul Duke, docteur en media planning 

04/05/2007

Centrifuge, centripète

Réflexion de Maryse Joissains, députée-maire (UMP) d'Aix-en-Provence, pendant l'interview législatives :
 
"Vous savez, c'est bien qu'il y ait des extrêmes en politique et que ces partis fassent des voix.... S'il n'y avait pas l'extrême gauche, les partis de gouvernement n'auraient pas autant pris en compte les questions sociales. Et s'il n'y avait pas l'extrême droite, ils n'auraient pas pas parlé de la nation et du patriotisme. Les extrêmes permettent de faire émerger des thèmes importants dans le débat politique."

29/04/2007

National-local

Incroyable : 20 Minutes Marseille essaie de travailler ses articles en avance ! ! ! Sous l’impulsion de Starsky, nous nous sommes lancés dans une série pour présenter les circonscriptions des élections législatives. Du coup on passe notre temps à courir après les politiques, presque aussi étonnés que nous qu’on s’intéresse déjà à l’après-présidentielle.

Une des questions sempiternelles dans ce genre de papier consiste à demander quels sont les grands dossiers locaux sur lesquels le candidat veut axer sa campagne. Pour la législative, la question est délicate : normalement, le député vote des lois de portée nationale. Stricto sensu, il n’est pas représentant d’un territoire en particulier, mais de la nation entière.

Evidemment c’est pas aussi tranché, et nos députés se font fort d’intervenir pour obtenir, qui plus de policiers pour la commissariat, qui une rallonge pour réhabiliter la voie de chemin de fer afin de désengorger l’autoroute.

Et à force de discuter de ça avec les candidats (UMP, PS, PC…), qu’ils soient députés, maires, conseillers généraux, on voit se dessiner un côté passionnant de la politique, des enjeux cruciaux pour notre vie de tous les jours :

-les transports en commun, lesquels choisit-on ? Des bus, plus rapides à mettre en place, mais tributaires des bouchons ? Des trains, dont les voies coûtent horriblement cher et sont très longues à construire ?

-la culture d’accord, mais quels équipements ? De l’avant-garde pour attirer des vedettes et des recettes ? Du populaire pour donner un lieu de sortie aux étudiants et aux moins riches ?

-le logement, quelle gamme construire ? Des HLM pour les plus pauvres ou des logements moyenne gamme pour inciter des locataires HLM à devenir propriétaires, libérant de facto d’autres logements ?

Et j’en passe… Au fil de ces conversations se dessinent les responsabilités et les espoirs qui reposent sur les épaules de l’élu local*. Dans ces moments-là, le métier de politique est grand à mes yeux.



Raoul Duke, électeur pas impliqué



*Selon un de ses biographes, Pierre Mendès-France disait que c’étaient ses mandats de maire qui lui avaient le plus apporté, car il voyait concrètement l’impact de se réalisations chez ses administrés. Il citait souvent l’exemple des bancs que sa municipalité avait installés devant l’église du village, et qui avaient eu un franc succès.

19/04/2007

22 avril tous les jours

Discussion ce matin avec la chargée de com' du PS, à l'occasion d'un rassemblement pro-Ségo sur le Vieux-Port. Tous les deux, nous avons revu cette semaine les résultats de la présidentielle 2002, en Paca, à Marseille. Le Pen en tête, à plus de 25% des voix.

Ce sentiment qu'on avait eu le 22 avril 2002, dans la rue, dans le métro, quand Le Pen était à 17% et qu'on se disait : "sur six personnes que je croise, l'une d'elles a voté FN"... Tout le monde qui se regardait d'un sale oeil... Ici c'est tous les jours, à chaque élection. Et c'est un passant sur quatre.

 

Raoul Duke, docteur en catastrophisme 

Tout dans les urnes

Reportage cet après-midi parmi des militants UMP qui tractent pour Sarkozy sur le rond-point du Prado. Je discute avec Deborah, 22 ans, et Leïlah, 14 ans (authentique, elle est au collège, en 3e).

D'entrée de jeu, Deborah me demande pour qui je vais voter. D'habitude j'esquive d'un sempiternel "Ah chaque journaliste a évidemment son opinion, mais on s'efforce d'être impartial*". Ce qui est déjà une réponse en soi. Mais là je sais pas, peut-être l'envie de faire le rebelle à peu de frais : 

-En 2002, j'ai voté Besancenot... (sourire en coin)

-Ah oui là on va pas être d'accord ! (rires) D'un autre côté si vous votez Besancenot c'est que vous voulez pas Royal au second tour, on se rejoint au moins là-dessus... C'est ce que je dis toujours aux gens qui veulent pas prendre nos tracts : "Prenez au moins le programme, comme ça vous saurez précisément pourquoi vous votez pas pour lui".

-C'est pas faux, oui... Mais un réflexe "tout sauf Sarkozy" au second tour, ça vous fait pas peur ? [...]

Tout en essayant de ne pas le montrer, je suis quand même un peu surpris, presque déçu.

Je compte plus les hommes politiques de droite qui m'ont dit - souvent sans animosité d'ailleurs : "Ah ah ! Bah, les journalistes, de toutes façons, vous êtes tous de gauche** !". Et là ça ne vient pas. Elles ne sont même pas inquiètes de ce que moi le petit gaucho je puisse déformer leurs propos pour nuire à leur candidat.

Est-ce que parce qu'elles ont une foi absolue en mon honnêteté journalistique ? (Trop beau pour être vrai) Parce qu'elles se disent que l'essentiel, c'est qu'on parle de Sarkozy, peu importe que ce soit en bien ou en mal ? (Possible) Ou, tout simple et plus plausible, parce qu'elles ne sont pas sectaires ?

Ma petite tête de gauchiste-tiraillé-entre-vote-de-conviction-et-vote-utile est plongée dans un abîme de perplexité. 

 

Raoul Duke, docteur en journalisme 

 

 

*En embrayant presque sur du Thierry Lermite : "Ce matin je discutais même avec un communiste alors c'est pour vous dire..." 

 

**Il y a du vrai d'ailleurs, surtout dans la presse d'information générale. Mais il suffit de faire le tour de n'importe quelle rédaction pour voir qu'il existe d'authentiques journalistes de droite : souvent des anciens gauchistes reconvertis, beaucoup plus dogmatiques au demeurant que ceux qui ont fait toute leur vie à droite.  

05/03/2007

Ma mamie va me voir en photo

L'avantage de couvrir une visite de Sarkozy, c'est que sans même avoir à passer un coup de fil, toute votre famille apprend que vous êtes vivant et en bonne santé.

Notre ministre-candidat attire tellement de photographes et de cameramen qu'il faudrait être l'homme invisible pour ne pas se retrouver dans leur champ.

Et s'il n'y avait que ça*....

Le plus gênant, c'est qu'on a quand même fait sortir en mer trois heures durant quatre bateaux (dont deux venus de Toulon) et près d'une centaine d'hommes d'équipage pour une présentation qui aurait pu se faire à terre, voire tout simplement sur papier.

"On a essayé de leur dire au ministère, mais ils ne se rendent pas compte.", soupire un fonctionnaire.  

Qu'y avait-il à craindre à terre ? Une action de la CGT, la revanche du STC après l'abordage du Paoli par le GIGN ? Vu la volée de flics déployée en ville pour parer à toute éventualité, le risque était faible. Rien que pour la préfecture : vingt cars de CRS.

Au final, ça donne une ambiance un peu surréaliste, où les journalistes n'arrêtent pas de râler que l'évènement n'a aucun intérêt, mais le couvrent.

Même les militaires l'ont mauvaise. Un marin s'enquiert du programme du ministre : "Il va à Toulouse voir Airbus après ? Ah (air déçu)." C'est pas gagné pour être au 20h ce soir... 

Au même moment, la vraie actu, elle se déroule en préfecture, avec la convention sur l'immigration qui réunit préfets et consuls de France à l'étranger.

Au beau milieu des débats, Sarko surgit, prend la parole pour un discours-fleuve. Le ton se durcit :

-"c'est dans les consulats que doivent être choisis les candidats à l'immigration en France"

-"les personnes qui demandent un regroupement familial devront faire l'objet, avant leur arrivée, dans leur pays d'origine, d'un test pour prouver leur connaissance sommaire de la langue française"

-"la question de l'immigration est centrale pour l'équilibre de la société française".

Une fois fini, le ministre discute avec les députés du cru avant de s'en aller. En l'attendant, les confrères mitraillent la-nouvelle-voiture-de-police-qui-lit-automatiquement-les-plaques-d'immatriculation.

Descendue exprès avec le ministre, la belle devrait elle aussi reprendre le chemin de Paris.

 

Raoul Duke, docteur en campagne 

 

*Passons sur la consoeur parisienne du Figaro qui claque la bise au ministre de l'Intérieur sur l'entrepont du bateau... 

27/02/2007

1-7 / 4-5

Bruno Gilles député-maire (UMP) du 3e secteur (4e et 5e arrondissement), un peu caustique hier, à l'occasion des essais du tramway :

"Y en a que pour la mairie du 1-7 en ce moment en termes de propreté ! En plus c'est tous les jours, pas seulement quand le tramway passe ! Ho attends Jean [Roatta, député-maire UMP du 1-7], t'as vu ce trottoir ? On pourrait carrément manger par terre !"

 

21/02/2007

Incognito

René Raimondi, maire (PS) de Fos-sur-Mer, sur ses relations avec la préfecture :

"Le directeur de cabinet du préfet m'a dit un jour que eux avaient le courage de prendre des décisions impopulaires. Mais pour eux c'est facile ! Ils restent deux à trois ans en poste, puis ils sont mutés ailleurs. Et quand ils sortent dans la rue, aucun habitant ne les alpaguent, on les reconnaît pas ! Un maire, lui, il doit répondre de ses actes tous les six ans, tous les jours même !" 

13/02/2007

Une belle opération

Un lecteur nous a écrit après l'article sur la cession* de l'hôtel-Dieu au groupe Axa, en vue d'en faire un hôtel grand luxe : "Cela aurait pu devenir un magnifique musée, regrette-t-il. Un hôtel grand luxe, il y en a déjà un en construction de l'autre côté du Vieux-Port. Et si la mairie de Lille [qui elle aussi a transformé un bâtiment classé en hôtel] a commis une erreur, pourquoi Monsieur Gaudin fait-il de même ?"

C'est la question qu'on se pose tous. Peut-être parce que nous sommes de doux rêveurs dans un pays où les colectivités locales n'ont pas les moyens de rénover ce genre de monument...

Réflexion en aparté d'un élu d'opposition, à la communauté urbaine : "J'ai honte de l'avouer, mais l'hôtel Dieu c'est une très belle opération. Le bâtiment était trop dégradé, il aurait été beaucoup trop cher de le réhabiliter sur fonds publics."

 

Raoul Duke, encore naïf après huit ans de carte de presse

 

*Via un bail emphytéotique, qui met le terrain et les batiments à disposition d'Axa pendant 99 ans. La propriété reste à la mairie et lui revient complètement, passé ce délai.  

Coup de peigne

Vivre constamment à crédit, c'est terminé. Pierre Penne, président (UMP) de la commission finances à la communauté urbaine Marseille-Provence Métropole (MPM), l'a dit d'entrée de jeu hier : "il va falloir amorcer une inflexion des investissements pour se caler sur nos capacités de remboursement". 

De 491 millions investis en 2006, on devrait passer à... 486 millions. On "amorce l'inflexion". 

A MPM, ça fait déjà trois budgets que l'on parle de "revoir le calendrier" des investissements, de "peigner" les programmes, voir s'il n'y a pas des chantiers qu'on peut annuler ou renvoyer aux calendes grecques.

D'après le rapport présenté hier, la communauté urbaine a programmé depuis sa création en 2001  plus de 700 opérations d'investissement, pour un total de 2.5 milliards d'euros.

Plus de 350 ont été menées à terme, pour un montant global de 209 milions d'euros. Dans le même temps, MPM en a annulé près de 140, économisant 66 millions d'euros.

Globalement, MPM avait donc lancé en cinq ans 20% d'opérations qu'elle ne pouvait pas assurer vu sa situation financière. Mais ces économies ne couvrent que 3% des dépenses d'investissements prévues. 

Pas facile  de"peigner" les investissements : certains sont difficiles à éviter, comme les dépenses pour les réseaux d'eau et d'assanissement (123 millions en 2007). D'autres, comme le projet métro-tramway, relèvent de choix politiques horriblement chers et qu'il faut assumer jusqu'au bout (210 millions d'euros en 2007).

Restent donc 150 petits millions répartis entre 18 communes, que l'on va "peigner". L'occasion, peut-être, de poser la question de fond qu'esquive encore la communauté urbaine : est-il normal que 60%* des investissements**  soient destinés à Marseille ?

Perso, j'aurais tendance à dire oui.  

 

Raoul Duke, apprenti en finances publiques 

 

*Et peut-être plus si MPM réduit la voilure des investissements hors métro-tramway

**Budget principal, hors eau, assainissement, port et crématorium 

A micros tirés

Copyright assemblée plénière communauté urbaine Marseille-Provence Métropole, 2007 : 

"Vous avez une politique de guichet plutôt qu'un politique de projets." Robert Bret (PC) à Jean-Claude Gaudin, à propos des investissements.

"Vous pouvez applaudir, nous ne sommes pas dans une église !" Jean-Claude Gaudin aux élus communistes, très silencieux après l'intervention de Robert Bret.

"La prochaine majorité ne pourra pas faire autrement que d'augmenter la taxe d'habitation" Vincent Coulomb (PS).

"Nos finances sont tendues mais pas désespérées" Jean-Claude Gaudin.

 "Digérons les dépenses des deux premières lignes, nous verrons ensuite pour le prolongement du tramway" Jean-Claude Gaudin.

"On dit qu'il y doublon, alors on regarde le plan et hop ! Y a plus doublon" Renaud Muselier (UMP) sur le "doublon" entre les intinéraires du tram et du métro.

"Cessez un peu de vous tutoyer en public, hein !?" Jean-Claude Gaudin à Robert Assante (UMP) et Annick Boët (PC).

05/02/2007

TP, IR et autres joyeusetés

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Patrick Mennucci (PS) : « La taxe professionnelle [TP], qui témoigne de la vitalité économique d’une ville, stagne à Marseille. Sans prendre en compte la réforme de l’année dernière [le gouvernement a décidé de plafonner la TP], elle n’augmente que de 0,5% l’année dernière à Marseille.

"La hausse démographique de Marseille est essentiellement due à des naissances, le chômage baisse, mais moins vite que dans le reste de la France. Où est la nouvelle attractivité de Marseille ? ».

Mennucci a à la fois tort et raison : oui la TP un bon indicateur de développement économique, mais il faut pas oublier qu’elle varie selon le secteur d’activité. En gros, un ouvrier dans l’industrie rapporte autant de TP que deux employés dans le secteur des services.

Or Marseille voit toute sa vallée industrielle se casser la gueule. Elle essaie de compenser par des services et des emplois de cadres, qui rapportent moins de TP. Peut-être faudrait-il aussi se pencher sur l’impôt sur le revenu : ils doivent le payer, tous ces cadres…

 

Raoul Duke, première année de licence "Finances publiques" 

Le bâtiment, ça eût payé

Le montage financier des ventes à la Sogima, un savoureux casse-tête financier démonté par Antoine Rouzaud (PRG) :

La Sogima est une société d’économie mixte détenue majoritairement par la Caisse d’épargne, avec 44% du capital restant propriété de la ville de Marseille.

Jusqu’à présent, 2 600 logements de la ville étaient gérés par la Sogima, dans le cadre d’une convention courant jusqu’en 2017.

« Pourquoi ne pas attendre 2017 pour vendre ces logements ? La réponse est simple : parce que les banquiers demandent à la ville de faire rentrer en urgence de nouvelles recettes », tacle Rouzaud. Quelle qu’en soit la raison, la vente s’avère un peu coûteuse pour la mairie.

Déjà, la ville doit payer à la Sogima 6 millions pour pouvoir rompre la convention plus tôt que prévu. Et puis, pour payer les 130 millions que vont lui coûter les immeubles, la Sogima doit augmenter son capital et contracter un prêt. Et qui va acheter les nouvelles actions Sogima et garantir son prêt ? Ah ah ah ! Mais c’est la ville de Marseille !


Verdict de Rouzaud : « Il y avait trois possibilités : transformer tout ces logements en HLM, les vendre à un prix très bas pour freiner la hausse du marché, ou les vendre le plus cher possible pour dégager le maximum de bénéfices pour les finances publiques.» La mairie n’en a choisi aucun des trois.

 

Raoul Duke, docteur en présentation partiale  

L'argent, c'est du temps

Comme le maire « ne veut pas faire de conseils municipaux pendant les périodes électorales », le prochain conseil aura lieu... en juin. Ergo : l’ordre du jour d'hier a été bourré jusqu’à la gueule. Près de 140 délibérations traitant de sujets aussi futiles que :

-les orientations budgétaires 2007 (1,5 milliards d’euros l’an dernier)
-la vente de 2400 logements municipaux à la Sogima (130 millions d’euros)
-le projet Frioul (15 millions d’euros)
-la vente de l’Hôtel Dieu (7,5 millions d’euros, 130 millions de travaux)

Comment traiter tout cela en une matinée ? En laissant à chaque groupe d’élu son temps de parole habituel alors que, pour les débats budgétaires précédents, l’opposition avait bénéficié de dix minutes supplémentaires.

Résultat : malgré les hauts cris des Verts et des communistes (respectivement dix et vingt minutes de temps de paroles), les 140 délib' ont pu être expédiées en quatre heures sharp-précis-pointu. La démocratie locale, simple comme un chrono !

 

Raoul Duke, docteur en calendrier 

They just can't get enough / they just can't get enough

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Sabine Bernasconi (UMP) à Patrick Mennucci (PS) à propos des HLM : « 20% de logement social, ça vous suffit pas ?! »

Dans une ville où 15% de la population est sous le seuil de pauvreté et où 25% des travailleurs sont des « working poors », non Sabine, ça ne suffit pas… 

On s'était dit, rendez-vous dans un an

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Serge Botey, adjoint (UMP), à propos du titre de capitale européenne de la culture : « On voit pas comment ça pourrait nous échapper ». Euh, nous Serge, on voit…

Une affaire en or

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Patrick Mennucci (PS) à propos de la vente du patrimoine immobilier de la ville : « En cette période de soldes, le conseil municipal ressemble à une braderie ».  

Nez au vent

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Patrick Mennucci (PS) : « On a eu l’équerre d’argent pour la nouvelle salle du conseil municipal, mais on a pas eu le nez d’or ! Il y a une odeur très désagréable dans tout le rez-de-chaussée, et ça depuis le début de la séance. »


A l’extérieur de la salle, dans le grand hall, un technicien confirme : « Ca sent le mort ici !»
 

 

"Une élection ce n'est pas un concours de beauté" comme on disait chez les socialos...

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

« Votre candidate est belle, elle est charmante, elle pourrait concourir à Miss France mais vous, vous n’êtes pas Mme de Fontenay » Jean-Claude Gaudin à Patrick Mennucci (PS), bras droit de Ségolène Royal 

Pierre blanche

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Jean Dufour (PC) à Gaudin, à propos de l’Hôtel Dieu : « Vous serez celui qui a vendu l’âme de Marseille, vous mettez une pierre noire dans la légende de la ville »

José Allegrini (UMP) : « Ce qui me stupéfie, c’est qu’on puisse être communiste et qu’on ose parler ! On croit entendre Staline ! Si vous voulez une pierre noire, allez donc à la Mecque ! » 

Béatitude

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Dominique Vlasto (UMP) : « Ces investisseurs croient en vous, monsieur le maire » 

Crochet du gauche

Copyright conseil municipal Marseille 2007 :

Dominique Vlasto (UMP) : « Pour l’opposition se complaît-elle dans la médiocrité ? »

Patrick Mennucci (PS) : « On y est en bonne compagnie ! » 

30/01/2007

Le train n'attend pas

"Je suis le patron d'une fédération de 15 000 mecs et sous prétexte que Chirac s'est pas décidé, on devrait pas faire campagne ?!"

Renaud Muselier premier secrétaire de la fédération UMP des Bouches-du-Rhône, à propos d'une éventuelle candidature de Chirac à la présidentielle

 

 
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