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15/06/2008

Pas mieux

C'est une petite phrase, comme ça, surgie au détour d'une interview et qui prend soudain une envergure insoupçonnée. Mardi je discute avec Séverine Robillard, présidente de l'association Afibiaac, qui vient d'obtenir en justice le droit pour des enfants allergiques de manger avec leurs copains, dans les cantines des crèches municipales.

On discute un moment des motifs du jugement, de la façon de l'appliquer concrètement dans les cantines, et puis je finis par lui demander si elle est contente d'avoir gagné après ce long combat (presque deux ans de procédure). "C'est une victoire pour nous, c'est vrai, dit-elle. Mais en même temps c'est simplement faire appliquer à Marseille ce qui se fait partout ailleurs en France."

Et là jouez hautbois résonnez musette, je me dis que cette phrase est tellement vraie et pourrait s'appliquer à tellement de choses dans cette ville : avoir un  métro ouvert jusqu'à 22h30 en semaine, quelle merveille, avoir des terrains de foot en libre accès, génial, avoir une vraie coopération intercommunale, quelle bonne idée ! Marseille, le pays où on a du soleil et la mer et le reste, ben on s'en fout...

 

Raoul Duke, docteur en c'est quand même un peu gâcher

 

08/06/2008

Micro (d'argent) dans les dents

Le 3 octobre prochain, NTM fera son grand retour à Marseille sur la scène du Dôme. Un team-up avec IAM, un temps évoqué, a été refusé par les rappeurs marseillais qui prennent ce genre de décisions "à l'unanimité", disent-ils.

Etant fan des deux groupes, leur décision me chagrine, mais elle peut se comprendre. Avant de reformer NTM, Kool Shen ne s'était pas privé de tacler IAM en s'en prenant à ces groupes "qui restent sur scène depuis plus 20 ans" et qui feraient mieux d'arrêter.

Quelques semaines plus tard, le duo parisien décidait de faire renaître NTM. Y a pas que les Marseillais qui ont que de la bouche...

 

Raoul Duke, rap français old school

 

06/06/2008

Du grand art

Ca nous change des montagne de pains de cannabis et des océans de kalachnikovs. Dans la salle de conférence du SRPJ de Marseille, derrière un cordon rouge comme pour les accès VIP, trônent quatre tableaux d’une valeur inestimable : deux du maître flamand Bruegel, deux impressionnistes, Sisley et Monet. L’ambiance est incroyablement détendue, presque joyeuse. « C'est une belle affaire, dans tous les sens du terme » lâche un confrère. « Qu'est-ce que vous allez en faire ? », demande-t-on au procureur. « Ben on pensait en prendre un chacun avec mes collègues et puis finalement on s'est dit non » se marre Jacques Dallest.

Les quatre tableaux avaient été volés en 2007 lors du braquage d’un musée de Nice. « Une vraie opération commando, estime Jacques Dallest. Juste cinq gars –alors que les tableaux, faut les porter tout de même- qui déboulent dans le musée un dimanche matin. »

Record
Moins d’un an après les faits, le SRPJ et l’office contre le trafic des biens culturels ont remis la main sur les toiles. Un record dans ce genre d’affaires, où les œuvres mettent généralement beaucoup de temps à refaire surface. « Le cas classique c'est le fils du collectionneur qui au moment d'hériter se rend compte qu'un de ses tableaux a en réalité été volé. », souligne Gilles Leclair, directeur adjoint de la PJ.

Pas du tout le cas ici : les flics ont fait ça à l’ancienne, avec informations, filatures et tout. Le parquet et la PJ restent d’une discrétion à toute épreuve sur le sujet. « Ca a été une coopération entre services et entre pays, note Jacques Dallest. Le FBI américain nous a transmis des informations très précieuses. »

Commandes
Car dans les vols d’objets d’art, la police travaille sur les deux bouts de la chaîne : les voleurs d’un côté, receleurs et acheteurs de l’autre. « Pour ce type de tableau il n'y a pas énormément de clients potentiels, détaille Gilles Leclair. Ils sont surtout aux Etats-Unis et au Japon. » Selon les policiers, ce genre de vol serait pour moitié le fruit de « commandes » de riches amateurs, et pour moitié le fait de braqueurs qui « saisissent une occasion » puis tentent de trouver un acheteur.

Or parmi les douze gars arrêtés à Marseille mercredi, il en y a plusieurs très connus dans le grand banditisme, notamment pour des vols à main armée. Les filant depuis plusieurs jours, la maison poulaga a décidé de leur sauter dessus quand il est apparu qu’ils transportaient les tableaux, chargés dans une fourgonnette, probablement pour les expédier à l’étranger.

Grenades
L’arrestation s’est faite en douceur, mais les policiers ont eu la surprise de découvrir sur leurs clients du matériel lourd : pistolets automatiques, grenades, brouilleurs radios embarqués dans les voitures… « Ce sont des gens très organisés », admire Gilles Leclair.

Dans une affaire de vol de bien culturel, les gardes à vue peuvent durer quatre jours. Procureur et policiers espèrent remonter toute la filière, identifier l’acheteur potentiel et déterminer s’il était ou non le commanditaire. Le vol ayant été fait à main armée, tout ce beau monde encourt jusqu’à 20 ans de prison, devant une cour d’assises.

01/06/2008

Privé-public, même combat

Plus fort encore : MPM a transposé au privé le rythme de travail -tellement efficace et facile à gérer- des éboueurs du public :

"La collectivité précise qu'elle a imposé aux entreprises de fixer le rythme de travail de leur personnel à l'identique de celui dont bénéficient les agents effectuant la collecte en régie, ce qui a entraîné une augmentation du personnel par poste de travail", note la chambre régionale des comptes.

En passant, la facture de la collecte privée s'en est trouvée augmentée. Mais bon, ça crée de l'emploi...

Cahier décharge

Dans notre série "les collectivités locales contrôlent de très près leurs prestataires privés" : copyright chambre régionale des comptes, 2007 :

Dans le cadre des marché de tri sélectif des déchets passés par MPM avec des boîtes privées, pour les 13e, 14e et 15e arrondissements "la chambre constate que l'entreprise titulaire du marché a pu bénéficier d'une rémunération supérieure à celle initialement prévue sans justifier d'un quelconque résultat pendant deux ans".

 

La paix (sociale), ça a un prix

Dans les charmantes surprises que recèle le service propreté de MPM, la chambre régionale des comptes en isole une : la "prime de propreté".

Prévue "par aucun texte réglementaire", elle a été décidée "en application d'engagements prix lors des négociations au cours du conflit des agents affecté à la collecte et au traitement des déchets".

Depuis janvier 2005, elle s'élève à 2 070 euros par agent et par an, soit une augmentation "de 160% en deux ans". S'y ajoute une prime pour les conducteurs de benne, 2 146 euros bruts par an.

Les agents s'en trouvent fortement motivés : le temps de travail moyen d'un éboueur de nuit approche les 3h30, au lieu des 7h légalement prévues.

Tout ça pour éviter les grèves ? MPM le reconnaît à demi-mots dans sa réponse à la chambre. Il s'agit, dit-elle par rapport au fini-parti, "de trouver un équilibre, au demeurant fragile, entre d'un côté l'acceptation du personnel et de leurs organisations syndicales et, de l'autre, le risque de mouvements sociaux".

Comme disait Jean-Claude durant la campagne, il s'agit de ne pas mettre le feu aux poudres en jouant les Rambos. Comme la guerre, la paix a elle aussi un prix. Question tout de même : la paix est-elle réellement moins chère ? 

 

 

Toi aussi, fais du conseil

La chambre régionale des comptes s'interroge dans son rapport sur la gestion des ressources humaines à MPM :

"La communauté urbaine a confié à un cabinet privé une mission d'assistance-conseil-organisation [en ressources humaines]. Cette mission a été interrompue en décembre 2002, et par protocole d'accord en mars 2004 la communauté urbaine a versé à son prestataire la somme de 70 324,80 euros.

"La chambre n'a pas pu obtenir le détail du contenu des prestations réalisées, ni des précisions sur les raisons précises justifiant leur interruption. En tout état de cause, elles semblent avoir été inutiles [...]"

Pinaillage que tout cela : 70 000 euros sur plus de 600 millions de budget MPM, c'est pas bien grave. 

Mézaufait !

Avec toutes ces grèves, rapports de la chambre régionale des comptes et autres déménagements, on en oublie l'essentiel : Starsky a fait son grand retour à la rédaction, après cinq mois de congé maternité !

Depuis lundi, elle se sépare tous les jours de sa fille pour venir au journal. La petite, forcément, ça lui fait un peu bizarre. Mais pour la consoler, sa maman lui chante Antisocial quand elle revient à la maison. Et ça suffit* pour endormir cet adorable bout de chou.

 

 

*J'ai personnellement assisté à la scène. Là-dessus, j'ai une théorie : la petite a dû entendre cette chanson in utero quand 20 Minutes Marseille répétait pour la fête de la musique 2007.

25/05/2008

Eeeeeh dis, toi ! Tu aimes jouer les statues de sel ?

 
 
Après les flashrue de Lieux Publics, voilà un nouveau happening urbain des plus sympas : la version marseillaise du freeze ! L'inscription pour les prochains, c'est
 

Foutoir, année zéro

Depuis vendredi 20 Minutes Marseille a investi ses nouveaux locaux, rue Breteuil. Nos bureaux viennent d'être installés comme ça, tout nus, avec juste un ordi et un téléphone.

Et ça fait bizarre d'imaginer que, d'ici quelques jours voire quelques heures, ils vont (enfin, surtout le mien) disparaître sous une tonne de documentation, cahier de notes et communiqués de presse. Un peu comme le grand silence avant une bataille.

 

Raoul Duke, bordélique pénitent

 

En ce dimanche de gris et d'orage

A tous ceux qui doutent encore que Marseille soit devenue une ville touristique : une boutique de souvenirs - pas une échoppe, un magasin ouvert toute l'année, qui ne fait que ça, pas de presse, pas de tabac - a ouvert sous les arcades au quai du Port. Et même par ce temps maussade, il attire du monde. Marseille, pas encore tourista, déjà un peu marina.

 

Raoul Duke, marseillais immigré 

23/05/2008

Qui a brisé le vase de Soisson ?

Le rassemblement des dockers et agents du port mardi a tourné à la baston avec les CRS*. A qui la faute ?

D'emblée, en début de manif, les forces de l'ordre interdisent aux grévistes de se poster devant la mairie. Pas question leur donner la possibilité de caillasser directement la façade si ça tourne mal.

On se jauge pendant deux bonnes heures. Quelques discussions entre flics et grévistes, quelques insultes ("tu essuyeras le con de ta femme avec !" lance tout de même un docker à un CRS qui décroche une banderole accrochée aux barrières anti-émeutes)...  Ca reste malgré tout bon enfant. Mais tout s'accélère quand la délégation syndicale sort de la mairie, et veut faire son rapport aux manifestants.

Les cinq-six élus CGT veulent parler depuis un des bancs ronds en métal installés devant la mairie. Les RG ne veulent pas. "Si on se met au milieu de tout le monde, on va pas nous voir", avance un syndicaliste. Bizarre : il suffirait pourtant de se jucher sur la cabine des quatre engins de chantier que les grévistes ont amené avec eux pour être parfaitement visible de la foule, sans lui faire franchir le cordon de CRS...  

Mais les syndicalistes persistent. Tout en appelant au calme dans un mégaphone, ils demandent aux grévistes de se rapprocher. Quelques dockers commencent à bousculer les flics pour tenter de passer. Ceux-ci les repoussent, et la baston démarre.  

Au final, après presque une heure d'émeute, Pascal Galéoté (CGT port) et Stéphane Stamatiou (CGT dockers) font le bilan : "Aujourd'hui ce sont des pères de famille qui ont manifesté. On est venu tranquillement, on a rien cassé, pas une voiture, pas une vitrine**. Le gouvernement tente de faire passer un message de fermeté. Nous on vient dialoguer, et on prend des lacrymos. Les portuaires sont pas des enfants de choeur, ce sont des hommes, des vrais. S'il faut le montrer, on hésitera pas."

Si on faisait du mauvais esprit, on dirait que nos vaillants portuaires venaient de le démontrer le matin même. Mais bon c'était pas le but de la manif...

 

Raoul Duke, apprenti streetfighter 

 

*Récit dans 20 Minutes, et dans LibéMarseille

**Ce qui est vrai, au demeurant. Une voiture de police municipale vandalisée dans le feu de l'action, mais aucun bien privé endommagé. 

22/05/2008

Et bim !

Même Jean-Luc Marx, préfet délégué à la sécurité, le dit :

"Il y a un effort à faire à Marseille sur les infrastructures de transports, notamment sur les pistes cyclables. Il faut mieux partager l'espace public."

L'appel est lancé : Caselli arrivera-t-il à honorer la promesse de Muselier :  100 km de pistes cyclables en plus ? Suspense...

Mea maxima culpa

Nico a raison, je poste trop peu souvent, et en suis fort marri. Pour vous éviter de venir sur le site pour rien, je vais tenter la mise en place de la Newsletter. Inscriptions en bas de la colonne, à gauche :-)

 

Raoul Duke,  docteur en journalisme

21/05/2008

En pleine bataille rangée

Un photographe de 20 Minutes s'affiche ce matin à la une de La Provence et dans une photo demi-page de La Marseillaise. Sauras-tu le découvrir ?

08/05/2008

Sous les ailes du pélican

 
Tout comme la Friche de la Belle de Mai, le Moulin s'est lancé dans un projet de soutien à quatre groupes marseillais. Dans le cadre de ce projet Pélican, ou Drakkar selon les époques, les deux salles aident ces jeunes pousses à travailler leur son, trouver des dates, enregistrer des démos...
 
Parmi ces artistes plus que doués, citons les déjantés Cap'tain Carnasse et sa momie, mais aussi Agop, beau gosse folk-pop singer et accessoirement pigiste ès sport à 20 Minutes Marseille.
 
 
Raoul Duke, musicien admiratif et envieux 

18:43 Publié dans Copinages | Lien permanent | Commentaires (1)

26/04/2008

Muselier, touché-coulé

Ce matin-là, dans l’hémicycle de la communauté urbaine, tous les journalistes (votre serviteur compris) arborent un air las. Nous allons passer trois heures à couvrir une élection jouée d’avance, Muselier va passer dans un fauteuil, il va se gargariser toute la journée de cette victoire, bref…

Le vote en lui-même (157 conseillers l’un après l’autre dans l’isoloir) dure déjà une heure. Vient le dépouillement. Au fond de la salle, sur les bancs des radios, Fred Guilledoux de l’Hebdo, Eloi, de l’AFP, et ma pomme. On fait le décompte en même temps que les assesseurs.

Recompte
Dès le début, Caselli est en tête, à une ou deux voix. Muselier par deux fois remonte à égalité, mais ne passe jamais devant. Le couperet finit par tomber : Caselli 79 voix. Incrédules, on se regarde entre confrères. « Il est vraiment élu, là, non ? ! ».

On revérifie chacun la feuille de l’autre, le doute n’est plus permis. Eloi fonce avertir sa rédaction pour que l’AFP balance un « urgent », je file vers la tribune pour essayer d’entendre ce que dit Muselier, déjà assailli par les caméras. Bruno Gilles (UMP) réclame un recompte. Au bout de dix minutes, Patrick Mennucci (PS), retenant un sourire, annonce d’une voix grave : « 77 voix confirmées pour Renaud Muselier ».

Panique
Caselli prend la présidence, suspend la séance. Dans les rangs de l’UMP, c’est la panique. Une réunion gauche-droite s’improvise au premier étage dans l’ancien bureau de Gaudin, où Muselier avait déjà déposé ses cartons. Sauf que c’est Caselli qui est dans le fauteuil, et les représentants de l’UMP jouent les invités.

En bas, la tension est à son comble. Trois vigiles barrent l’accès aux bureaux de la présidence, alors que la meute de journalistes grossit à vue d’œil. La majeure partie de la troupe était jusque-là en train de suivre la visite de la ministre de l’Education Valérie Pécresse. Dès réception de « l’urgent » d’Eloi, tout le monde a planté la ministre pour foncer à la communauté urbaine.

Une consoeur de France 3, présente depuis le début, peste : « Avant la séance, on avait proposé à Muselier d’enregistrer tout de suite sa réaction, pour être à temps pour le 12-13. Il était partant mais au dernier moment, il n’a pas pu. C’est trop con, ç’aurait été Vidéo gag ! »

Diversion
La suspension de séance traîne. Prévue pour durer trois quarts d’heure, elle est en déjà à une heure et demie. Petit à petit les élus regagnent l’hémicycle. Caselli, prudent, refuse de dire aux journalistes quelle sera sa politique sur le fini-parti ou l’incinérateur. La séance peut reprendre, mais Muselier et Gaudin ne sont pas là.

On les attend un quart d’heure, personne ne sait où ils sont. Puis, soudainement, un petit groupe d’élus UMP descend les marche et réussit à faire diversion, attirant les caméras pendant que Gaudin et Muselier arrivent par l’ascenseur et foncent directement vers leurs fauteuils.

Vengeance
Muselier prend la parole, dénonce une « trahison ». Au vote suivant, Caselli est mis en minorité et suspend la séance. La situation est bloquée, et la « victoire » amère pour la droite. Aveuglée par ce qu’il faut bien appeler de l’orgueil, l’UMP, Muselier en tête, n’a pas vu que les candidats qu’elle a lâché ou tenter de tuer aux municipales –Le Dissès à Marignane et Bertrand à Plan de Cuques- pouvait lui rendre la monnaie de sa pièce à la communauté urbaine.

Le parti majoritaire a perdu la présidence de l’organisme qui a le plus de compétences dans l’agglomération. Il ne lui reste que le conseil municipal, haut lieu symbolique mais où ne s’exerce plus la réalité du pouvoir. L’UMP peut certes pourrir un temps le fonctionnement de la communauté urbaine, mais elle sera obligée de composer si elle ne veut pas paralyser toute la ville. Depuis le 17 avril, 10h, le roi est nu.

Belsunce Breakdown

Gerry Meaudre, réalisateur du documentaire Marseile Transit sur France 5, est un type passionnant. En plus d’avoir un œil photographique (il faut voir ses images de Belsunce, notamment celle des enfants regardant les pelleteuses en action depuis un balcon), le bougre dispose d’un œil acéré pour décortiquer la réalité d’un quartier.

Morceaux choisis que je n’ai pas eu la place de mettre dans son interview, une heure magnifique de discussion sur Belsunce, Marseille, et cette haine que la ville entretient pour son centre populaire :

"La production a eu du mal à accepter qu’on n’arrive pas comme ça dans un quartier. J’ai loué un appartement à angle de la rue Thubaneau et des Récollets, j’ai pris plusoieurs mois, j’ai pris mon temps dans les cafés, j’ai tourné avec des gens qui connaissaient bien le quartier, pour établir un rapport de confiance."

"Ce n’est pas un quartier dangereux mais les habitants sont tellement agacés, on les a tellement montrés du doigt que quand ils voient un journaliste ils disent c’est pas un zoo ici ou alors ils veulent absolument vous montrer ce qui se passe chez eux."

"J’ai essayé de trouver des gens qui n’étaient pas des portes-parole autoproclamé des quartiers."

Dans dix ans, une bonne partie de Belsunce sera probablement chinoise. Les Chinois s’implantent le long de la Méditerranée, car les villes du Nord sont saturées. Ils ont commencé par Naples, et maintenant ils arrivent à Marseille.

"La rue Thubaneau est une véritable catastrophe. On se demande ce qui se passe au sein des équipes d’urbanistes. Une rue fonctionne par son hétérogénéité. Si on ne fait que logement et si on transforme tout les rez-de-chaussée en locaux d’artiste, ça va se fermer. Les artistes ont besoin d’intimité, ils ne se donnent pas en spectacle en permanence. En bannissant les cafés, tout les lieux de convivialité, on en a fait une rue morte, lyophilisée."

"Il y a une tendance à laisser pourrir le quartier pour justifier des grands mouvements de reconquête."

Généraliste contre spécialiste

Cri du cœur de Jean-François Kahn dans Libé :

"Un principe devrait être établi selon lequel tout journaliste de bureau, grand chef ou sous-petit chef devrait, au moins trois fois par an, retourner sur le terrain et tout journaliste politique, économique et financier s’investir trois fois par an dans un conflit social, un dossier d’investigation, une affaire glauque (parce que c’est la vie aussi), une crise extérieure ou un drame humain."

Mis à part le fait que Kahn ne s’est pas trop appliqué ce principe à lui-même qand il dirigeait des rédactions, l’idée est plus que recevable. A traiter toujours les mêmes sujets, on perd pied avec la réalité. Même à notre humble niveau de journaliste généraliste touche-à-tout : il suffit de quelques conseils municipaux pour que un ou deux millions en plus sur un budget ne nous paraissent pas si énorme que ça.



Raoul Duke, docteur en journalisme

11/04/2008

Polythéiste

J’adule Hunter S Thompson, je n’arrive pas aux orteils de Derogy, Woodward, Bernstein, je suis total respect admiration de Michel Henry et Fred Guilledoux. Mais un nouveau confrère vient de faire irruption dans mon panthéon : Spider Jérusalem, aka Warren Ellis. Citations en vrac :  

« Nos véritables outils sont nos yeux et notre tête. Il ne s'agit pas simplement de voir ce qui se passe, il s'agit de l"interpréter correctement. Une autopsie perpétuelle. »

« Avec son « journalisme objectif », Wolfit s'est retrouvé à couvrir des concours floraux. Et il a les couilles de fonder une école... »

« Le journalisme est un flingue. Il n'a qu'une balle mais si tu vises bien, c'est suffisant. En visant bien, tu peux faire sauter le genou du monde. »

Fouille-merdes of the world, unite !

Est-ce une révolte ? Non sire, une révolution. De part et d’autre de l’Atlantique, les journalistes en ont marre.

Marre de la pression de leurs actionnaires qui voudraient qu’un journal dégage des marges à deux chiffres, marre de l’obligation de devoir pisser tous les jours de la copie sans avoir le temps de creuser leurs sujets, marre de ce suiveur qui sommeille en chacun de nous et qui nous donne l’impression que ce que si on est seul à mettre tel sujet à la une, c’est qu’il n’est pas important…

J’en passe, et des meilleures. Pour un bref aperçu de tout cela, le lecteur curieux pourra se délecter à la lecture, côté français, des forums du site Categorynet et, côté US, du site angryjournalist.com

 

Raoul Duke, docteur en crise existentielle 

En direct du progrès

ATTENTION : Tous ceux qui ont déjà un tant soit peu réfléchi à l’avenir des médias n’apprendront rien dans ce post. Mais parfois il est bon de poser les choses.

A tous les griefs fondés et profonds exposés ci-dessus, s’ajoutent depuis un an ou deux une vraie rupture de génération entre les journalistes « web » et « print ». Signalons d’emblée que votre serviteur, malgré ses 32 printemps tous mouillés, se situe dans la catégorie « print », sous-famille « dinosaure ».

Aujourd’hui irréversible (et tant mieux), l’irruption du web dans la presse écrite est un renversement total de sa façon de travailler. En gros : dorénavant, les scribouillards peuvent eux aussi, comme la radio ou la télé, émettre en continu et faire du direct ou des flash d’info.

En terme de rythme de travail, ça impose de trouver un équilibre entre la réactivité immédiate (ça c’est bien de la dire tout de suite) et le nécessaire suivi et approfondissement d’un article.

S’y ajoute l’envie –légitime- de mettre du son et de la vidéo en plus. Le journaliste en maraude devient un espèce de groupe multimédia potentiel qui peut simultanément écrire, filmer, enregistrer, photographier un événement, puis restituer le tout après le travail de mise en forme que suppose chacun de ces médias.

Peut-on faire tout ça à la fois ? Peut-être. Peut-on faire tout ça à la fois correctement ? Moins sûr.

A peu de choses près, la presse écrite se retrouve aujourd’hui confronté au vieux dilemme des télévisions : a-t-on vraiment besoin de quatre personnes (rédacteur, cameraman, preneur de son, monteur) pour un reportage ?

Oui si on veut faire de la qualité. Non si on veut que la rédaction ne coûte pas trop cher. Finalement, Internet ça change pas tant de choses que ça. On en reste toujours aux mêmes vieilles questions (voir ci-dessus).

 

Raoul Duke, docteur en archéologie 

06/04/2008

Raoul Duke's not dead

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Mouhahaha ! Tu croyais jeune inconscient, que l'esprit de Hunter S. Thompson avait disparu, vaporisé avec les cendres de son corps, dispersées d'un tir de canon financé par Johnny Depp* ? Eh ben tu t'es gouré, une fois de plus.

Le bougre s'est réincarné dans le scénariste de BD Warren Ellis pour créer Transmetropolitan, les aventures de Spider Jerusalem, journaliste du futur fortement inspiré de Thompson. C'est violent, déjanté, politiquement incorrect et dans le même temps très profond sur le rôle de la presse dans nos sociétés "démocratiques".

L'Alcazar, pourtant très branché Warren Ellis, n'a pas encore acquis la bête (qui en est pourtant à son deuxième volume). Ne reste donc qu'à la bouquiner au Virgin ou à la Fnac. Et pour ce qui est de post plus d'actualité, je dis pouce, quoi, c'est encore les vacances (reprise du boulot demain...).

 

 

 *Authentique déroulement des funérailles du grand homme. 

28/03/2008

J'ai fait un rêve

Bruxelles, ville très comparable à Marseille en termes de population et de superficie*, a remanié son réseau de bus de nuit.

Dorénavant, les vendredi et samedi soirs, vingt lignes parcourent la capitale au rythme d'un bus toutes les 20 minutes, jusqu'à 3h du matin.

Le service de nuit a une tarification spéciale : 3€ le voyage**. Cher mais tout de même meilleur marché qu'un taxi. Le restant de la semaine, les principales lignes de bus, métro et tram voient leur dernière rame partir vers 0h30 - 1h du matin, à 1,5€ le ticket**. 

Bruxelles est capitale de l'Europe, me direz-vous. Ça aide, mais Marseille ne veut-elle pas être capitale de l'Euroméditerranée ?

En plus, de nuit, un réseau de bus c'est efficace puisqu'il n'y a plus de bouchon. La RTM planche sur la question, nous avait certifié en janvier dernier Josiane Beaud, directrice générale.

Jusqu'à  présent, Marseille bénéficiait royalement de dix lignes de nuit, entre 22h et 1h, à raison d'un bus toutes les demi-heures, voire toutes les heures.

On croise les doigts. De toutes façons, ça peut pas être pire.

 

Raoul Duke, apprenti urbaniste 

 

*Un million d'habitants pour les deux agglomérations, sur 160 km2 pour Bruxelles et 150 km2 pour Marseille, auxquels s'ajoutent 80 km2 de calanques.

**Prix du billet solo : il y a évidemment possibilité d'avoir des réducs via des cartes 10 voyages ou des abonnements. 

L'enfant quitte le foyer

Pour la première fois depuis le lancement du journal, il y a quatre ans, 20 Minutes Marseille a fonctionné toute une semaine sans que ni Starsky ni moi ne soyons de service. L'une est en congé maternité, et l'autre a pris quinze jours de congés dans son plat pays après avoir frôlé un burn out post-municipales.

Donc, depuis cinq numéros, les pages "Grand Marseille" se remplissent toutes seules sans problème, sous la houlette d'Amandine et de Céline, qui nous remplacent. Et ça a beau être tout à fait logique et normal, c'est tout de même très émouvant.

 

Raoul Duke, père possessif

 

15/03/2008

Belgitude en force

Eric Gerets, sauveur de l'OM, a expliqué à nos confrères de La Provence et L'Equipe s'être régalé devant les oeuvres des peintres flamands exposées au musée de l'Ermitage, à Saint-Petersbourg.

Alors que je m'extasiais au téléphone sur cette nouvelle preuve des qualités de notre entraîneur chéri, Stéphane, patron du service France de 20 Minutes et grand fan de l'OM, se montrait dubitatif : "Il doit faire ça pour impressionner une femme", estime-t-il. 

Déjà dans ta ville

 

 

Venu nous donner un coup de main au journal, Laurent avait débarqué avec un vélo noir hyper léger magnifique. Un peu jaloux, j'avais décidé d'aller au magasin où il s'était procuré cette merveille. Avec les élections, j'avais un peu tardé, et lu entretemps le guide du vélo à Marseille. Celui-ci m'a ouvert une perspective déjà entr'aperçue à Bruxelles : le vélo pliable.

LA solution pour ne plus se taper des côtes : il suffit de plier le vélo et prendre les transports en commun pour sauter l'obstacle. Curieux, je vais donc au magasin de Laurent, m'enquiers des modèles de vélo pliable et découvre la merveille ci-dessus youtubée*. Un vélo pliable en accordéon qui, contrairement à la plupart de ses concurrents, peut continuer à rouler plié, poussé sans effort dans le métro ou dans l'autobus.

Après une semaine de tiraillement (parce que ça coûte un peu un bras, quand même), j'ai craqué. Depuis trois jours je sillonne Marseille avec. Et je me marre.

C'est un poil moins rapide, mais beaucoup plus maniable qu'un vélo classique. Et si on fait moins de gros efforts de par l'utilisation des transports en commun, on pédale quand même plus dur car il n'y a que trois vitesses. Mes cuisses se durcissent déjà et je me découvre un tout nouveau poumon. A quand la production de ce truc en grande série, que tout le monde sillonne la ville avec ?

 

Raoul Duke, capitaine flemme 

 

*La vidéo est tournée à Paris, mais c'est le même esprit... 

Raging bulls

Dans la cohue pour recueillir la réaction de Jean-Noël Guérini au soir du premier tour dimanche dernier, deux journalistes en sont carrément venus au main. Alors que, malgré la bousculade générale, planait un silence religieux, un confrère en a frappé un autre à la tête, exprès, et l'autre a bruyamment protesté.

Depuis, à chaque sortie du candidat, des attachés de presse rigolards rappellent la consigne  : "les gars, si vous vous voulez vous foutre sur la gueule, faites-le, mais en silence".  Quand on vous dit qu'il vous prévoir des cours de rugby et/ou de full contact dans les cursus de journalisme...

 

Raoul Duke, docteur es infiltration 

Sci-en-ti-fique !

Pour suivre correctement les élections, j'ai dû devenir quelqu'un de super organisé : planning un mois à l'avance, dossiers administratifs traités dès réception, tableau Velleda avec la liste des choses à faire dans la semaine... J'en passe et des meilleures, toute ma vie au journal semble prise par un élan de rationalisation. Toute ? Non. Un îlot de bordel résiste encore et toujours à l'envahisseur.

Mon bureau reste en effet recouvert par une couche de deux centimètres de papiers et une pile de un mètre de documentation, poussée en loucedé à droite de mon ordi. Avant, ça m'ennuyait, mais plus maintenant :  Eric Abrahmson, prof de management à la business school of Columbia, vante les mérites créatifs du bordel !

Contactée à ce sujet, Starsky n'est pas convaincue, et m'accuse de "tenter de me défiler alors que je suis en train de découvrir les vertus de l'organisation". Affaire à suivre.

02/03/2008

La discrétion des grands artistes

Flo a réussi à entrer en contact avec Pom et Joos, les deux talentueux graphistes qui décorent les friches commerciales du centre-ville de Marseille ! Le dialogue a hélas tourné court...

 
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