Avertir le modérateur

02/03/2008

Faites chauffer les magnétoscopes


 
 
Après le premier débat sur France Bleu qui avait viré instantanément au pugilat, le débat Gaudin-Guérini sur i-Télé, totalement pas prévu, a lui aussi tourné à la foire d'empoigne. Ca nous promet de beaux moments pour le débat final de l'entre-deux tours, prévu le 19 mars à 22h30 sur France 3 (et a priori en direct aussi !). Je pense que la locale 20 Minutes ira suivre ça depuis les studios, histoire de voir les réactions des uns et des autres...

Message à un électorat

L'équipe de campagne UMP nous fait savoir que "le Dr Claude Perpère, doyenne des chirurgiens esthétiques de France, internationalement reconnue", apporte son soutien à Jean-Claude Gaudin.

Fou fou fou

Pour une fois, on avait préparé les interviews de candidats à l’avance, et l’actualité est tombé tôt dans la journée : mercredi 27 février, la rédaction de 20 Minutes Marseille a pu boucler son journal et quitter le bureau à 18h30, contre 21h-21h30 d’habitude. Et ça fait tout bizarre quand on sort du journal de voir du monde dans les rues, les magasins ouverts, des embouteillages…

Mis en boîte

Une demoiselle m’a un peu ruiné le moral ce week-end en soulignant que nous autres journalistes ne donnons pas toutes les clés aux lecteurs pour se faire une idée sur les programmes des candidats aux municipales; que l’on sait que certaines promesses sont complètement irréalistes, et qu’on ne le dit pas.

L’accusation n’est pas fausse : pas besoin de se cacher derrière son petit doigt, il est vrai qu’on a un sourire en coin quand on entend Guérini ou Gaudin promettre des milliers de logements en plus chaque année, le tout sans augmenter les impôts.

Pour ne parler que du dossier du logement, on sait que rien ne se règle aussi facilement : la préfecture reconnaissait en janvier dernier qu’une partie des financements pour construire des HLM en Paca ne sont pas utilisés, faute d’avoir trouvé des terrains ou des entreprises de BTP disponibles. Sans parler de l’opposition des maires ou des recours de riverains qui retardent voire empêchent certains projets de HLM.

D’un autre côté, la politique est tout de même une affaire de volonté personnelle et de capacité à convaincre ses concitoyens. Cette année, on constate que les mentalités changent : même les organisations patronales réclament des HLM, des transports en commun, et demandent aux candidats de s’engager par écrit à en faire. Quant aux finances, elles commencent à arriver : l’Etat renforce ses financements HLM, et les rentrées fiscales devraient augmenter sur la communauté urbaine, ne serait-ce que par l’expansion d’Eurocopter à Marignane.

Dès lors, qu’est-ce qui nous permet de dire que les promesses de nos chers duellistes sont impossibles à tenir ? Rien de sûr : notre habitude des promesses non tenues, notre cynisme de journaliste. Mais en démocratie, le doute bénéficie toujours à l’accusé. On choisit donc de taire nos angoisses.

Raoul Duke, docteur en introspection

Faute avouée, à moitié pardonnée

Copyright Michel Pezet, candidat PS-dissident aux municipales d’Aix et vice-président du conseil général :

« Il y a des moments où il faut réfléchir à l'aménagement en dépassant les communes, les agglomérations. Faire travailler les agglomérations entre elles, travailler au niveau de la région. Je me reproche vraiment de ne pas avoir voté la suppression des départements lors du référendum de 1969… »

Agir local, penser global

Comment financer les investissements en logements et en transports dont ont besoin toutes les communes du département ? En ces temps de stagnation du pouvoir d’achat, difficile de le faire par des hausses d’impôts aux particuliers. Idem pour les hausses d’impôts aux entreprises : mauvais pour l’économie, direz-vous.

Reste l’endettement. La quasi-totalité des candidats sont pour, tant que c’est « pour des investissements qui vont servir à plusieurs générations ». François-Xavier de Peretti (MoDem, Aix) est plus circonspect : « Je serais peut-être pour l'emprunt si je ne connaissais pas déjà le niveau d"endettement de ce pays. Le contribuable paie déjà la dette de l"Etat. Ce n'est peut-être pas une bonne idée de lui rajouter une dette communale. »

Pas faux, et surtout très injuste pour les communes, car l’Etat s’est beaucoup endetté pour financer des budgets de fonctionnement (Sécu, retraites etc.), alors que les communes s’endettaient pour investir. Dans le même temps, l'Etat se déchargeait de plein de compétences (RMI, routes, bâtiments de l'éducation nationale) sur les collectivités locales. La décentralisation, c'est que du bonheur !

 

Raoul Duke, apprenti comptable  

Jean-Luc Bennahmias, pensées et aphorismes

Copyright Jean-Luc Bennahmias 2008, avant la constitution des listes :

« Tous les jours on a des gens de chez Gaudin et Guérini, qui s'estiment mal servis et  qui viennent nous demander d’être sur nos listes. Ils arrivent et disent « qu'est-ce que vous avez à me proposer ? ». C’est un vrai mercato. »

« En 2004, Muselier m'avait dit : « je vais vous écraser ». »

« La communauté urbaine est à deux doigts de la faillite. »

« Un bus en site propre, c'est juste de la peinture sur la rue et des flics pour la faire respecter. »

« Le ticket de métro à un euro, je sais pas comment on pourrait le financer. Peut-être en mettant plus de pub sur les bus. Ou sur les vélos à louer. »

« Je ne veux pas rajouter un centime au budget municipal. Juste redispatcher les dépenses. »


16/02/2008

A la veille d'un clàsico

L'artiste-performer Massimo Furlan l'avait utilement rappelé au Vélodrome en novembre dernier, le foot est aussi -voire carrément plus- un art de jouer SANS le ballon. Et que fait-on quand on a pas le ballon ? Fidèle à son habitude technicienne, Libération nous l'explique en interviewant cinq joueurs de Valenciennes.

Remarquons au passage que chaque fois, pour ce style de papiers, Libé interviewe des "petites cylindrées" du championnat : Sedan, Libourne, Metz... Les joueurs stars du PSG et de l'OM n'auraient-ils pas le temps/l'envie de répondre à ce genre de questions ? On n'ose le croire.

Peut-être est-ce tout simplement qu'ils préparent le clasico de demain soir*. La vieille rivalité footeuse dont Libé, encore lui, rappelle combien elle a été attisée, sinon construite, par les dirigeants des clubs eux-mêmes, qui en coulisses s'entendent comme larrons en foire.

Le tout au grand bonheur de certains supporters qui trouvent là un exutoire pour se foutre sur la gueule, et des CRS qui gâchent leur journée à patrouiller aux abords des stades, au lieu de courir derrière des malfrats. Perso, je suivrais ce clàsico derrière ma télé...

 

 Raoul Duke, master PES5

 

*Pour lequel l'OM, ressucité par Eric Gerets, part favori. Sans faire de chauvinisme, encore une fois à l'OM, il a suffi d'un Belge...

15/02/2008

Des deux mains

Le site de sorties Cityvox a eu la bonne idée de lancer un système de pétition en lignes à l'occasion des municipales. En gros, ça fonctionne un peu comme un blog : vous postez votre sujet de pétition, et les internautes le signent. S'il atteint le millier de signatures en ligne, la pétition est transmise à l'autorité que vous avez indiquée en enregistrant votre pétition.

Les Marseillais et les Aixois ont déjà créé une dizaine de pétitions. La plupart tourne autour de l'environnement, des transports et de l'accès à la ville pour les handicapés. Avec, au milieu, une petite perle  : une pétition qui vise "pour contrer toute idée fantasque avant qu'elle ne germe", à empêcher la délocalisation de Notre-Dame de la Garde sur l'île du Frioul. Mettant exceptionnellement en veilleuse ma neutralité journalistique, j'ai signé cette pétition.

 

Raoul Duke, journaliste engagé 

Patrick Mennucci, pensées et aphorismes

Pour préparer la page spéciale municipales Marseille  de lundi dernier, nous avons interviewé les principaux directeurs de campagne et directeurs de cabinet des candidats marseillais. Extraits choisis, copyright Patrick Mennucci, directeur de campagne de Jean-Noël Guérini, Marseille, 2008.

"A la mairie, ils savent qu'ils vont perdre."

"La difficulté pour gérer cette ville, c'est qu'elle est pauvre."

"Pour la propreté, la mairie a embauché 200 vacataires à un mois des élections."

"Le conseil général avait déjà proposé un syndicat mixte pour les transports et pour les déchets, mais Gaudin n'en pas voulu. Pour lui, les autres collectivités locales c'est simplement un guichet, il ne leur demande pas leur avis sur les projets. Sinon, on aurait fait le tram différemment."  

"Le Modem ne fera pas 5%. C'est décevant, il y a pas de professionnalisme. Ils dilapident le capital de Bayrou sur Marseille." 

"La bataille se situe entre deux conceptions de Marseille."

"Notre liste est une liste centriste"

"Notre programme est le plus à gauche jamais proposé par une liste pour Marseille." 

"On peut recueillir le vote-sanction, mais seulement si on est crédibles."

"Je sens le vote-sanction encore plus haut qu'en 2004. A l'époque, quatre jours avant le scrutin, un sondage nous donnait Vauzelle et Muselier au coude-à-coude [au premier tour, Vauzelle mettra finalement presque 10 points dans la vue à Muselier : 35%-26%]." 

"Jean Roatta, c'est Bisounours." 

"Je n'ai aucune inquiétude pour Andrieux." 

"L'intercommunalité, il faut la faire mais on peut pas le dire maintenant." 

"Gaudin sera mis en ballottage dans son secteur. En 1989, il avait été battu." 

"Gaudin fréquente plus les sénateurs que les Marseillais." 

Claude Bertrand, pensées et aphorisme

Pour préparer la page spéciale municipales Marseille  de lundi dernier, nous avons interviewé les principaux directeurs de campagne et directeurs de cabinet des candidats marseillais. Extraits choisis, copyright Claude Bertrand, directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin, Marseille, 2008.

"La ville est une entité vivante, qui dépasse la somme des gens qui l'habitent. Elle évolue, mais moins vite que la vie de ses habitants."

"Marseille est plus pauvre que sa périphérie. C'est une des ses spécificités."

"Il y a quelques années, la préoccupation des Marseillais c'était le chômage, l'insécurité, l'immigration. Aujourd'hui ce sont les problèmes du quotidien : la propreté, la circulation. Ça me rassure."

"Les programmes de Gaudin et Guérini se ressemblent ? A choisir entre la copie et l'original, [l'électeur] prend l'original !"

"Nous avons lancé la campagne quinze jours plus tôt que prévu parce qu'il fallait faire connaître nos têtes de listes. Il y a les vacances scolaires... Il faut laisser les gens s'imprégner de notre programme."

"La politique nationale a forcément un impact dans les grandes villes. A la marge, mais elle a un impact." 

"Avant les régionales de 2004, le gouvernement s'était attaqué s'était attaqué au système de retraites et de soins médicaux. Il fallait faire cette réforme, mais les personnes âgées constituent le gros bataillon des électeurs de la majorité, et elles nous ont sanctionné. Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans la même situation."

"Les électeurs votent beaucoup plus avec leur tête qu'on ne l'imagine."

"Pour moi, le taux de participation ne change pas réellement les pourcentages d'une élection à l'autre." 

 "La communauté musulmane ne va peut-être pas voter contre Gaudin."

"Tous les journalistes de Marseille sont de gauche."

Autopromo

Un journaliste de 20 Minutes Marseille s'est glissé dans une photo de son propre journal, ce matin. Sauras-tu le découvrir ?

01/02/2008

Trop modeste

Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) aux finances à la mairie de Marseille, tout en retenue british :

"Je n'ai aucun humour. Un adjoint aux finances n'a pas d'humour." 

Dégagé derrière les oreilles

Un journaliste de 20 Minutes semble s'être glissé dans un reportage dessiné du Ravi de février. Sauras-tu le découvrir ?

Vas-y Bubu !

Sarkozy est passé en Camargue en coup de vent, juste pour faire quelques images à cheval, un bain de foule et admirer la vierge noire. En digne émule de son boss, Fillon a visité Marseille au pas de charge, trois rencontres avec des élus, petits fours et au r'voir m'sieur-dames.

Jour après jour, tous les membres du gouvernement français semblent pris d'imagite, maladie des politique qui leur fait préférer la belle image à une discussion de fond lors de leurs visites hors de leurs bureaux. Tous ? Non.

Dominique Bussereau, dit "Bubu", secrétaire d'Etat aux transports, grand pote de Raffarin, résiste encore et toujours. Il vient en personne lundi à Marseille présenter son plan de réforme des ports.

Et quelle hallu : il reçoit tous les acteurs du dossier, en finissant par les syndicats (peut-être même la CGT) puis les journalistes, avec une CONFERENCE DE PRESSE où nous autres scribouillards allons avoir le temps de poser des questions sans devoir se jeter dans une mêlée en marche de caméras et appareils photos (non rugbymen s'abstenir).

De nos jours, c'est ça avoir du courage politique.

 

Raoul Duke, journaliste paresseux*

 

*Stéphane, chef du service France de 20 Minutes, me faisait la réflexion la semaine dernière : "Tu connais la paresse des journalistes..." Je fus sans voix devant la justesse de l'analyse. Le mal est aussi (surtout ?) en nous.

Small is beautiful

Stratégie d'un candidat aux municipales dans la périphérie de Marseille :

"Moi je ne fais pas de meetings durant ma campagne. Juste un, peut-être, avant le premier tour. Les meetings ça ne sert pas à grand-chose : dans le public, vous avez 95% de gens à vous et 5% de gens d'en face qui viennent voir comment ça se passe dans votre camp.

"Ce qui est beaucoup plus efficace, ce sont les réunions chez l'habitant. J'en ai une trentaine d'ici le premier tour. On liste des familles, et une à deux fois par semaine elles invitent des voisins, des amis, pour le thé ou l'apéritif. On rencontre de tout : des partisans aussi bien que des adversaires. On discute pendant une heure, une heure et demie, ça permet de faire remonter des demandes, et d'ajuster le programme."

La technique est également utilisée à Marseille, dans tous les camps*. Et quand je vois les candidats courir dans tous les sens d'un appartement à l'autre, je me dis que le métier de journaliste c'est quand même des vacances.

 

Raoul Duke, docteur en observation non participative 

 

*Marseille l'Hebdo en fait d'ailleurs une chronique savoureuse cette semaine. 

25/01/2008

L'enfer des vacances

On y avait réfléchi pendant deux jours, calendrier et livre de comptes à la main. On l'avait envoyé à nos rédac-chefs à Paris, qui l'ont validé. Et puis, un matin, à une conférence de presse du MoDem, on s'est aperçu que notre planning d'articles sur les municipales n'avait pas pris en compte un fait majeur : les vacances scolaires de carnaval !!!

Car ces quinze jours maudits, durant lesquels les villes se vident de leurs habitants et donc de nos lecteurs, tombent à une semaine du premier tour !!!

L'alternative était dès lors cruelle : reserrer notre planning sur les trois semaines "hors-vacances" de février ou ne rien changer, en priant que les Marseillais ne partent pas trop en congés.

Après avoir trituré le problème dans tous les sens, on s'est dit que trois semaines pour couvrir une campagne municipale, ce serait vraiment trop court. Alors lecteur, cette année, ne vas pas au ski. Ou prend avec toi ton ordi portable  pour consulter 20 Minutes entre deux sauts dans la poudreuse.

La chandeleur est en avance

Elus et stratèges UMP le crient sur tous les toits : Jean-Claude Gaudin est confiant, il est serein, il ne boxe pas dans la même catégorie que Guérini etc. Au point que la présentation de son programme pour Marseille, prévue le 9 février, a été avancée à lundi, soit deux semaines plus tôt que prévu. Serein, on vous dit !

Faudrait savoir, Bernard

Après avoir appelé "à ne pas tomber dans l'auto-dénigrement", Bernard Latarjet, directeur général de Marseille-Provence 2013, doit faire l'exact inverse : appeler à ce qu'on ne s'emballe pas en disant que Marseille, capitale européenne de la culture, c'est dans la poche.

Car Télérama n'en démord pas : "Reste Marseille ! Celle que tout le monde considère comme favorite, grâce à sa position géographique et au thème de son projet, tourné vers l'euro-Méditerranée."

Toujours dans Télérama, Latarjet démend illico : "On n'est pas favoris, c'est de l'intox ! Les quatre villes [Toulouse, Lyon, Bordeaux et Marseille] ont des chances égales." Tant que le jury ne se penche pas sur les heures de fermeture du métro, s'entend.

 

Raoul Duke, master cool-headed

  

Osons Clément !

Carte de voeux de Clément Yana, candidat PS aux cantonales à Marseille : 

"Meilleurs voeux 2008 !

"Janvier, j'arrête de fumer

"Février, je reprends le sport

"Mars, je vote Clément Yana !"

Pourtant on sait ce que ça dure, les résolutions de nouvelle année... 

20/01/2008

Sans pub

Cri du coeur de François Fillon, premier ministre, en visite à Marseille lundi :

"Plus Belle la Vie est la preuve que de ce que le service public peut faire comme programme de qualité."

Personne n'a semble-t-il eu le temps d'expliquer à Fillon que Plus Belle est produit par Telfrance, société tout ce qu'il y a de privé, et achetée ensuite par France 3, comme un bon épisode de NYPD Blue, série évidemment nulle affreuse violente et ricaine de surcroît.

18/01/2008

Philosophons un peu avec Daniel

Revenant sur les légitimes suspicions engendrées par :

-le cul de Simone de Beauvoir en "une" du Nouvel Obs,

-l'annonce par Sarkozy de la suppression de la pub sur la télé publique,

Daniel Schneidermann balance dans Libé une maxime à écrire en lettres d'or à l'entrée de toutes les rédactions :

"Se dire à la fois que le pire est possible, mais jamais certain, voilà toute la difficulté."

Les journalistes doivent être à la fois suspicieux et pleins d'espoir, ne pas se faire embobiner mais ne pas -trop- désespérer leurs lecteurs à force de négativisme, ne pas être défaitiste mais ne pas être non plus d'un optimisme béat. Cinglé, qui a dit cinglé ?

 

Raoul Duke, docteur en méthode Coué 

 

Le côté plein du verre

Quand notre maire a annoncé jeudi soir dernier que le métro allait ouvrir jusqu'à 23h en semaine et 1h du mat le week-end, à partir du 1er mars, mon premier réflexe a été de m'énerver.  Ce qui était  "impossible", "pas rentable", "n'attirant pas assez de voyageurs", antiennes qu'on a entendue pendant au moins quatre ans en ce qui me concerne, tout cela devient possible, comme par magie, à quinze jours des municipales.

J'étais colère, j'étais courroux. Et puis j'ai lu l'édito de Gilles Rof dans Marseille l'Hebdo. Qui disait que quelle que soit la motivation de cette décision, les municipales ont au moins amené cette petite révolution, et c'est déjà ça.

Aujourd'hui, je suis toujours colère, mais à moitié seulement. Je compte les années perdues, mais aussi celles gagnées. Grazie mile, Gilles.

 

Raoul Duke, docteur en journalisme

Nommer l'anonyme

Papier ce matin dans Libé, pour parler de la difficulté à mener une bonne politique de la ville. On cite "un bon connaisseur des arcanes gouvernementales" qui explique que le problème de la politique de la ville, c'est qu'elle doit coordonner plusieurs ministères, chacun sous des autorités différentes etc.
 
Voilà encore une fois la presse prise la main dans le sac : comment désigner une source anonyme sans la griller, tout en donnant quand même au lecteur une idée de sa personne -et donc de sa crédibilité, le tout sans passer pour un con ?
 
L'art est difficile, la critique facile... En l'occurence, parler de "bon connaisseur" est un peu tarte. On espère bien qu'on est pas allé chercher le premier mec croisé dans la rue. En plus, c'est excessivement vague : ça peut aussi bien être un haut fonctionnaire qu'un confrère journaliste très bien informé.
 
Parler de "bonne source" (en cite-t-on de mauvaise ?) ou de "source proche du dossier" (sans blague ?!) est tout aussi casse-gueule. Mais si on est plus précis, on donne des pistes pour retrouver l'indiscret qui a lâché le morceau. Surtout quand il s'agit de dossiers sensibles où il n'y pas 250 000 personnes dans la confidence.
 
Et pourtant les sources anonymes sont indispensables à la presse. Plus encore aujourd'hui que la communication est millimétrée, et que les gens craignent de s'exprimer même pour vous donner un numéro de téléphone. Alors, ami lecteur, souris aux efforts désespérés de la presse pour nommer ses sources anonymes. Mais ne lui en veut pas trop non plus car, après tout, elle fait aussi un peu ça pour ta liberté.
 
 
Raoul Duke, docteur en journalisme 

10/01/2008

Du caf, du conc', du vinyl'

89c634f4a87bc2e154b7d8399e492523.jpg

 

A tous ceux qui pensent que :

-le disque est mort

-les disquaires sont morts

-le rock est mort à Marseille

Foncez sur cet excellente interview par nos excellentissimes confrères de Live in Marseille. Les bougres retracent l'épopée du magasin Lollipop records, haut lieu de la zique marseillaise, qui mériterait d'être intégré au projet de capitale européenne de la culture !

 

Raoul Duke, drummer bac+14

 

(En photo : les Hatepinks. Photo copyright Piiiiiirlouiiiiit !

00:40 Publié dans Copinages | Lien permanent | Commentaires (1)

Je tente le 50-50

Réponse énigmatique de Jean-Noël Guérini  ce matin, à la presse :

"Ce n'est pas à moi de dire de quel courant de pensée politique je relève. C'est à vous de me le dire."

C'est-à-dire qu'en fait Jean-Noël, comme tu es du PS, soutenu par les Verts et les communistes, avec une tête de liste UMP dans le 3e secteur, une ouverture vers le MoDem et le soutien annoncé de l'extrême-gauche au second tour, nous autres journalistes on a un peu du mal à s'y retrouver.

 
Raoul Duke, apprenti realpolitik

Comme le temps passe

C'était il y a une éternité, sept ans, pour tout dire. A la veille du second tour des municipales, la tête de liste RPF (défunt parti de Pasqua et de Villiers) à Marseille appelle à voter Gaudin "pour faire barrage à la gauche". La tête de liste en question s'appelait François Franceschi, aujourd'hui tête de liste pour Guérini dans les 6e et 8e arrondissements, après un passage à l'UMP.

08/01/2008

Sans commentaire

Parmi les facteurs qui compliquent le problème du logement dans les Bouches-du-Rhône, Michel Sappin place notamment "le problème des familles un peu bizarre avec de la polygamie. Il y en a plus ici que dans le Lot".

Repris de volée par Fred Guilledoux, de Marseille L'Hebdo, le préfet précise sa pensée :

"La polygamie, quantitativement ce n'est pas crucial, mais ça joue une rôle, ça complique le relogement des familles. Pendant des années, on en parlait pas. Moi je suis membre du Haut conseil à l'intégration, et je pense que c'est une question qu'on ne peut pas éluder." 

07/01/2008

Quand le commerce va, tout va

Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône :

"Nous avons vu avec plaisir que Plan-de-Campagne fonctionne le dimanche et que cela répond à un besoin. Je trouve qu'il n'y a rien de scandaleux à cela."

De scandaleux, sans doute pas, mais en l'état actuel de la loi, c'est tout simplement illégal. Et il nous semblait jusqu'ici que le rôle des préfets était de faire respecter la loi... 

Grève du zèle

Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône, cet après-midi :

"Nous avons effectué 1 217 reconduites à la frontière*. Cela représente 96% de l'objectif fixé par le ministère, et pourtant je suis toujours là ! C'est la preuve qu'on a pas l'oeil fixé sur le compteur des chiffres".

Tellement pas qu'un agent du bureau des étrangers a fait arrêter en octobre dernier, en préfecture, un sans-papiers venu déposer un dossier de régularisation, alors que ce type d'arrestation a été déclaré illégal huit mois avant, et par rien de moins que la cour de cassation.

Mais si on commence à se soucier de détails, on ne fait plus rien.

 

*Expulsion de sans-papiers, en politiquement correct 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu