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22/08/2008

Argent ne dort jamais

Les élus le pressentaient, mais c'est toujours bon à mettre noir sur blanc : le Canard (20/8) souligne que les dotations de l'Etat aux collectivités locales vont augmenter moins vite que l'inflation. Même l'UMP, qui préside l'association des maires de France, s'en inquiète.

Car ces dotations représentent une part importante (30% à 50%) des finances des collectivités. De son côté, l'Etat jure ses grands dieux que les dotations augmentent. C'est vrai mais, comme l'explique le Canard, c'est surtout dû à la hausse des remboursements de TVA. Devant le désengagement de l'Etat, communes et agglo investissent davantage, et donc l'Etat leur rembourse plus de TVA*.

Tout ça n'est pas de bon augure pour la communauté urbaine de Marseille, déjà lourdement endettée. Comme l'a confirmé le débat sur le rapport de la chambre régionale des comptes, la promesse de la gauche de "ne pas augmenter les impôts en six ans" a déjà du plomb dans l'aile.

 

Raoul Duke, apprenti financeur public

 

*Remboursement après un petit délai permettant une savante martingale qu'avait détaillée à la presse Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) au maire, chargé des finances : l'Etat rembourse la TVA avec un délai conséquent, disons un à deux ans. Pendant ce temps, l'argent repose dans un compte où il produit des intérêts, que l'Etat conserve bien évidemment. Pour des investissements comme le tramway (presque 500 millions d'euros), ça peut représenter une jolie somme.

 

29/06/2008

Et les classiques, dans tout ça ?

La communauté urbaine est financièrement dans le rouge, le PS promet "de la sueur [sic!] et des larmes" pour les six prochaines années, et dans tout ça j'ai plus la place de parler de l'incinérateur !

Car samedi les élus communautaires ont voté* le lancement d'un audit "juridique, financier et environnemental" sur le sujet, ils ont repoussé un amendement UMP visant à régulariser une délibération sur l'incinérateur invalidée par la justice, et Eugène Caselli a annoncé qu'il ne ferait pas appel du jugement en question. N'en jetez plus !

Aspro boys

Tout repose maintenant dans les mains du cabinet d'audit qui va être retenu par MPM. Les bougres vont devoir, d'ici octobre, déterminer l'état juridique du projet, son impact environnemental potentiel et le montant à payer si on arrête tout ou si on modifie drastiquement le cahier des charges. Un boulot titanesque mais bon, hein, on va prendre des spécialistes. Et y a intérêt aussi à leur prévoir un solide stock d'aspirine.

Un exemple : juridiquement, le tribunal administratif a annulé la délibération qui a autorisé Gaudin à signer le contrat de construction avec la société Everé. Mais le contrat est-il annulé pour autant ? Les avis sont partagés. Le plan départemental des déchets, annulé parce qu'il ne prenait pas en compte l'incinérateur, doit-il être considéré à nouveau comme légal puisque la procédure de l'incinérateur vient d'être retoquée ? Aïeuh...

Le million

Plus prosaïque mais tout aussi important : si on arrête le projet, combien devra-t-on rembourser à Everé ? Quelles sommes ont-ils déjà réellement investi pour la construction ? 150 millions ? 250 ? Et comment estimer leur éventuel manque à gagner sur l'exploitation de l'incinérateur ? Réponse à l'automne...

 

*A bulletins secrets

Un C, qui veut dire CRCééééééé

Copyright Jean-Claude Gaudin, communauté urbaine de Marseille, 2008 :

"Les chambres régionales des comptes* se sont améliorées : avant, on avait affaire à des zorros qui voulaient coincer les élus."

 

*Aussi appelées CRC

PS dit, PS fait

Le PS avait promis d'analyser "sans pitié aucune" le rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion Gaudin à la communauté urbaine.

Promesse tenue. Il faut dire que le maire de Marseille a un peu donné le bâton pour se faire battre en concluant sa défense par un "rien d'essentiel ne nous est reproché".

Clôturant le tour de parole dans un silence de mort, Alexandre Bizaillon (PS) a alors dégainé quelques phrases assassines contenue dans le rapport : "absence de gestion des ressources humaines durant quatre ans", "doutes sur la fiabilité des comptes", "avenants systématiquement favorables aux entreprises dans le secteur des déchets", on en passe...

"C'est un constat de faillite financière, tacle Bizaillon. Un bilan assez catastrophique." Faut-il donc jeter toute l'UMP par la fenêtre ? Non ! "Aujourd'hui nous ne sommes plus en campagne, il faut trouver des solutions tous ensembles". Un coup de batte cloutée puis une poignée de main : c'est beau la co-gestion droite-gauche.

 

Il faut s'y résoudre

Lapsus de Renaud Muselier (UMP) samedi lors de l'assemblée plénière de MPM :

"Des membre de ma majorité, euh, de mon groupe."

Deux mois après, Muzo n'a toujours pas intégré qu'il n'est pas président de la communauté urbaine et que, depuis la sécession des élus marignanais, l'UMP n'y est plus majoritaire.

Minimum syndical

Chaque fois qu'on lui adresse une critique sur sa gestion, Jean-Claude Gaudin a coutume de dire en substance "si vous cherchez, vous ne trouverez rien d'illégal dans tout ce que j'ai fait".

L'argument lui a encore resservi samedi à la communauté urbaine. Épinglé par la chambre régionale des comptes sur sa gestion de MPM entre 2001 et 2006, le maire de Marseille assène : "Ce qui est important, c'est que rien d'illégal n' été relevé [...] Nous avons toujours respecté le code des marchés publics, on a pas acheté des dizaines de voitures, des hectolitres de champagne ou payé des nuits d'hôtel [...]. Ce que j'ai fait ne m'entraînera pas au tribunal, c'est pour moi le plus important."

Pour  Jean-Claude, peut-être, mais pour la collectivité ? Matois, Patrick Mennucci (PS) fait le tour des bancs de la presse : "La bonne gestion pour Gaudin, c'est de ne pas aller en prison. Vous pouvez me citer là-dessus."

La critique n'est pas infondée. Qu'un élu ne fasse rien d'illégal*, c'est le moins qu'on puisse lui demander. Qu'on examine sa gestion et qu'on la critique, c'est aussi le moins qu'on puisse faire.

 

Raoul Duke, docteur en jouralisme

 

*Ou essaie de ne rien faire d'illégal, vu la complexité des textes de lois...

01/06/2008

Privé-public, même combat

Plus fort encore : MPM a transposé au privé le rythme de travail -tellement efficace et facile à gérer- des éboueurs du public :

"La collectivité précise qu'elle a imposé aux entreprises de fixer le rythme de travail de leur personnel à l'identique de celui dont bénéficient les agents effectuant la collecte en régie, ce qui a entraîné une augmentation du personnel par poste de travail", note la chambre régionale des comptes.

En passant, la facture de la collecte privée s'en est trouvée augmentée. Mais bon, ça crée de l'emploi...

Cahier décharge

Dans notre série "les collectivités locales contrôlent de très près leurs prestataires privés" : copyright chambre régionale des comptes, 2007 :

Dans le cadre des marché de tri sélectif des déchets passés par MPM avec des boîtes privées, pour les 13e, 14e et 15e arrondissements "la chambre constate que l'entreprise titulaire du marché a pu bénéficier d'une rémunération supérieure à celle initialement prévue sans justifier d'un quelconque résultat pendant deux ans".

 

La paix (sociale), ça a un prix

Dans les charmantes surprises que recèle le service propreté de MPM, la chambre régionale des comptes en isole une : la "prime de propreté".

Prévue "par aucun texte réglementaire", elle a été décidée "en application d'engagements prix lors des négociations au cours du conflit des agents affecté à la collecte et au traitement des déchets".

Depuis janvier 2005, elle s'élève à 2 070 euros par agent et par an, soit une augmentation "de 160% en deux ans". S'y ajoute une prime pour les conducteurs de benne, 2 146 euros bruts par an.

Les agents s'en trouvent fortement motivés : le temps de travail moyen d'un éboueur de nuit approche les 3h30, au lieu des 7h légalement prévues.

Tout ça pour éviter les grèves ? MPM le reconnaît à demi-mots dans sa réponse à la chambre. Il s'agit, dit-elle par rapport au fini-parti, "de trouver un équilibre, au demeurant fragile, entre d'un côté l'acceptation du personnel et de leurs organisations syndicales et, de l'autre, le risque de mouvements sociaux".

Comme disait Jean-Claude durant la campagne, il s'agit de ne pas mettre le feu aux poudres en jouant les Rambos. Comme la guerre, la paix a elle aussi un prix. Question tout de même : la paix est-elle réellement moins chère ? 

 

 

Toi aussi, fais du conseil

La chambre régionale des comptes s'interroge dans son rapport sur la gestion des ressources humaines à MPM :

"La communauté urbaine a confié à un cabinet privé une mission d'assistance-conseil-organisation [en ressources humaines]. Cette mission a été interrompue en décembre 2002, et par protocole d'accord en mars 2004 la communauté urbaine a versé à son prestataire la somme de 70 324,80 euros.

"La chambre n'a pas pu obtenir le détail du contenu des prestations réalisées, ni des précisions sur les raisons précises justifiant leur interruption. En tout état de cause, elles semblent avoir été inutiles [...]"

Pinaillage que tout cela : 70 000 euros sur plus de 600 millions de budget MPM, c'est pas bien grave. 

26/04/2008

Muselier, touché-coulé

Ce matin-là, dans l’hémicycle de la communauté urbaine, tous les journalistes (votre serviteur compris) arborent un air las. Nous allons passer trois heures à couvrir une élection jouée d’avance, Muselier va passer dans un fauteuil, il va se gargariser toute la journée de cette victoire, bref…

Le vote en lui-même (157 conseillers l’un après l’autre dans l’isoloir) dure déjà une heure. Vient le dépouillement. Au fond de la salle, sur les bancs des radios, Fred Guilledoux de l’Hebdo, Eloi, de l’AFP, et ma pomme. On fait le décompte en même temps que les assesseurs.

Recompte
Dès le début, Caselli est en tête, à une ou deux voix. Muselier par deux fois remonte à égalité, mais ne passe jamais devant. Le couperet finit par tomber : Caselli 79 voix. Incrédules, on se regarde entre confrères. « Il est vraiment élu, là, non ? ! ».

On revérifie chacun la feuille de l’autre, le doute n’est plus permis. Eloi fonce avertir sa rédaction pour que l’AFP balance un « urgent », je file vers la tribune pour essayer d’entendre ce que dit Muselier, déjà assailli par les caméras. Bruno Gilles (UMP) réclame un recompte. Au bout de dix minutes, Patrick Mennucci (PS), retenant un sourire, annonce d’une voix grave : « 77 voix confirmées pour Renaud Muselier ».

Panique
Caselli prend la présidence, suspend la séance. Dans les rangs de l’UMP, c’est la panique. Une réunion gauche-droite s’improvise au premier étage dans l’ancien bureau de Gaudin, où Muselier avait déjà déposé ses cartons. Sauf que c’est Caselli qui est dans le fauteuil, et les représentants de l’UMP jouent les invités.

En bas, la tension est à son comble. Trois vigiles barrent l’accès aux bureaux de la présidence, alors que la meute de journalistes grossit à vue d’œil. La majeure partie de la troupe était jusque-là en train de suivre la visite de la ministre de l’Education Valérie Pécresse. Dès réception de « l’urgent » d’Eloi, tout le monde a planté la ministre pour foncer à la communauté urbaine.

Une consoeur de France 3, présente depuis le début, peste : « Avant la séance, on avait proposé à Muselier d’enregistrer tout de suite sa réaction, pour être à temps pour le 12-13. Il était partant mais au dernier moment, il n’a pas pu. C’est trop con, ç’aurait été Vidéo gag ! »

Diversion
La suspension de séance traîne. Prévue pour durer trois quarts d’heure, elle est en déjà à une heure et demie. Petit à petit les élus regagnent l’hémicycle. Caselli, prudent, refuse de dire aux journalistes quelle sera sa politique sur le fini-parti ou l’incinérateur. La séance peut reprendre, mais Muselier et Gaudin ne sont pas là.

On les attend un quart d’heure, personne ne sait où ils sont. Puis, soudainement, un petit groupe d’élus UMP descend les marche et réussit à faire diversion, attirant les caméras pendant que Gaudin et Muselier arrivent par l’ascenseur et foncent directement vers leurs fauteuils.

Vengeance
Muselier prend la parole, dénonce une « trahison ». Au vote suivant, Caselli est mis en minorité et suspend la séance. La situation est bloquée, et la « victoire » amère pour la droite. Aveuglée par ce qu’il faut bien appeler de l’orgueil, l’UMP, Muselier en tête, n’a pas vu que les candidats qu’elle a lâché ou tenter de tuer aux municipales –Le Dissès à Marignane et Bertrand à Plan de Cuques- pouvait lui rendre la monnaie de sa pièce à la communauté urbaine.

Le parti majoritaire a perdu la présidence de l’organisme qui a le plus de compétences dans l’agglomération. Il ne lui reste que le conseil municipal, haut lieu symbolique mais où ne s’exerce plus la réalité du pouvoir. L’UMP peut certes pourrir un temps le fonctionnement de la communauté urbaine, mais elle sera obligée de composer si elle ne veut pas paralyser toute la ville. Depuis le 17 avril, 10h, le roi est nu.

02/03/2008

Faites chauffer les magnétoscopes


 
 
Après le premier débat sur France Bleu qui avait viré instantanément au pugilat, le débat Gaudin-Guérini sur i-Télé, totalement pas prévu, a lui aussi tourné à la foire d'empoigne. Ca nous promet de beaux moments pour le débat final de l'entre-deux tours, prévu le 19 mars à 22h30 sur France 3 (et a priori en direct aussi !). Je pense que la locale 20 Minutes ira suivre ça depuis les studios, histoire de voir les réactions des uns et des autres...

Faute avouée, à moitié pardonnée

Copyright Michel Pezet, candidat PS-dissident aux municipales d’Aix et vice-président du conseil général :

« Il y a des moments où il faut réfléchir à l'aménagement en dépassant les communes, les agglomérations. Faire travailler les agglomérations entre elles, travailler au niveau de la région. Je me reproche vraiment de ne pas avoir voté la suppression des départements lors du référendum de 1969… »

Agir local, penser global

Comment financer les investissements en logements et en transports dont ont besoin toutes les communes du département ? En ces temps de stagnation du pouvoir d’achat, difficile de le faire par des hausses d’impôts aux particuliers. Idem pour les hausses d’impôts aux entreprises : mauvais pour l’économie, direz-vous.

Reste l’endettement. La quasi-totalité des candidats sont pour, tant que c’est « pour des investissements qui vont servir à plusieurs générations ». François-Xavier de Peretti (MoDem, Aix) est plus circonspect : « Je serais peut-être pour l'emprunt si je ne connaissais pas déjà le niveau d"endettement de ce pays. Le contribuable paie déjà la dette de l"Etat. Ce n'est peut-être pas une bonne idée de lui rajouter une dette communale. »

Pas faux, et surtout très injuste pour les communes, car l’Etat s’est beaucoup endetté pour financer des budgets de fonctionnement (Sécu, retraites etc.), alors que les communes s’endettaient pour investir. Dans le même temps, l'Etat se déchargeait de plein de compétences (RMI, routes, bâtiments de l'éducation nationale) sur les collectivités locales. La décentralisation, c'est que du bonheur !

 

Raoul Duke, apprenti comptable  

Jean-Luc Bennahmias, pensées et aphorismes

Copyright Jean-Luc Bennahmias 2008, avant la constitution des listes :

« Tous les jours on a des gens de chez Gaudin et Guérini, qui s'estiment mal servis et  qui viennent nous demander d’être sur nos listes. Ils arrivent et disent « qu'est-ce que vous avez à me proposer ? ». C’est un vrai mercato. »

« En 2004, Muselier m'avait dit : « je vais vous écraser ». »

« La communauté urbaine est à deux doigts de la faillite. »

« Un bus en site propre, c'est juste de la peinture sur la rue et des flics pour la faire respecter. »

« Le ticket de métro à un euro, je sais pas comment on pourrait le financer. Peut-être en mettant plus de pub sur les bus. Ou sur les vélos à louer. »

« Je ne veux pas rajouter un centime au budget municipal. Juste redispatcher les dépenses. »


15/02/2008

Patrick Mennucci, pensées et aphorismes

Pour préparer la page spéciale municipales Marseille  de lundi dernier, nous avons interviewé les principaux directeurs de campagne et directeurs de cabinet des candidats marseillais. Extraits choisis, copyright Patrick Mennucci, directeur de campagne de Jean-Noël Guérini, Marseille, 2008.

"A la mairie, ils savent qu'ils vont perdre."

"La difficulté pour gérer cette ville, c'est qu'elle est pauvre."

"Pour la propreté, la mairie a embauché 200 vacataires à un mois des élections."

"Le conseil général avait déjà proposé un syndicat mixte pour les transports et pour les déchets, mais Gaudin n'en pas voulu. Pour lui, les autres collectivités locales c'est simplement un guichet, il ne leur demande pas leur avis sur les projets. Sinon, on aurait fait le tram différemment."  

"Le Modem ne fera pas 5%. C'est décevant, il y a pas de professionnalisme. Ils dilapident le capital de Bayrou sur Marseille." 

"La bataille se situe entre deux conceptions de Marseille."

"Notre liste est une liste centriste"

"Notre programme est le plus à gauche jamais proposé par une liste pour Marseille." 

"On peut recueillir le vote-sanction, mais seulement si on est crédibles."

"Je sens le vote-sanction encore plus haut qu'en 2004. A l'époque, quatre jours avant le scrutin, un sondage nous donnait Vauzelle et Muselier au coude-à-coude [au premier tour, Vauzelle mettra finalement presque 10 points dans la vue à Muselier : 35%-26%]." 

"Jean Roatta, c'est Bisounours." 

"Je n'ai aucune inquiétude pour Andrieux." 

"L'intercommunalité, il faut la faire mais on peut pas le dire maintenant." 

"Gaudin sera mis en ballottage dans son secteur. En 1989, il avait été battu." 

"Gaudin fréquente plus les sénateurs que les Marseillais." 

Claude Bertrand, pensées et aphorisme

Pour préparer la page spéciale municipales Marseille  de lundi dernier, nous avons interviewé les principaux directeurs de campagne et directeurs de cabinet des candidats marseillais. Extraits choisis, copyright Claude Bertrand, directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin, Marseille, 2008.

"La ville est une entité vivante, qui dépasse la somme des gens qui l'habitent. Elle évolue, mais moins vite que la vie de ses habitants."

"Marseille est plus pauvre que sa périphérie. C'est une des ses spécificités."

"Il y a quelques années, la préoccupation des Marseillais c'était le chômage, l'insécurité, l'immigration. Aujourd'hui ce sont les problèmes du quotidien : la propreté, la circulation. Ça me rassure."

"Les programmes de Gaudin et Guérini se ressemblent ? A choisir entre la copie et l'original, [l'électeur] prend l'original !"

"Nous avons lancé la campagne quinze jours plus tôt que prévu parce qu'il fallait faire connaître nos têtes de listes. Il y a les vacances scolaires... Il faut laisser les gens s'imprégner de notre programme."

"La politique nationale a forcément un impact dans les grandes villes. A la marge, mais elle a un impact." 

"Avant les régionales de 2004, le gouvernement s'était attaqué s'était attaqué au système de retraites et de soins médicaux. Il fallait faire cette réforme, mais les personnes âgées constituent le gros bataillon des électeurs de la majorité, et elles nous ont sanctionné. Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans la même situation."

"Les électeurs votent beaucoup plus avec leur tête qu'on ne l'imagine."

"Pour moi, le taux de participation ne change pas réellement les pourcentages d'une élection à l'autre." 

 "La communauté musulmane ne va peut-être pas voter contre Gaudin."

"Tous les journalistes de Marseille sont de gauche."

01/02/2008

Trop modeste

Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) aux finances à la mairie de Marseille, tout en retenue british :

"Je n'ai aucun humour. Un adjoint aux finances n'a pas d'humour." 

Small is beautiful

Stratégie d'un candidat aux municipales dans la périphérie de Marseille :

"Moi je ne fais pas de meetings durant ma campagne. Juste un, peut-être, avant le premier tour. Les meetings ça ne sert pas à grand-chose : dans le public, vous avez 95% de gens à vous et 5% de gens d'en face qui viennent voir comment ça se passe dans votre camp.

"Ce qui est beaucoup plus efficace, ce sont les réunions chez l'habitant. J'en ai une trentaine d'ici le premier tour. On liste des familles, et une à deux fois par semaine elles invitent des voisins, des amis, pour le thé ou l'apéritif. On rencontre de tout : des partisans aussi bien que des adversaires. On discute pendant une heure, une heure et demie, ça permet de faire remonter des demandes, et d'ajuster le programme."

La technique est également utilisée à Marseille, dans tous les camps*. Et quand je vois les candidats courir dans tous les sens d'un appartement à l'autre, je me dis que le métier de journaliste c'est quand même des vacances.

 

Raoul Duke, docteur en observation non participative 

 

*Marseille l'Hebdo en fait d'ailleurs une chronique savoureuse cette semaine. 

25/01/2008

La chandeleur est en avance

Elus et stratèges UMP le crient sur tous les toits : Jean-Claude Gaudin est confiant, il est serein, il ne boxe pas dans la même catégorie que Guérini etc. Au point que la présentation de son programme pour Marseille, prévue le 9 février, a été avancée à lundi, soit deux semaines plus tôt que prévu. Serein, on vous dit !

18/01/2008

Le côté plein du verre

Quand notre maire a annoncé jeudi soir dernier que le métro allait ouvrir jusqu'à 23h en semaine et 1h du mat le week-end, à partir du 1er mars, mon premier réflexe a été de m'énerver.  Ce qui était  "impossible", "pas rentable", "n'attirant pas assez de voyageurs", antiennes qu'on a entendue pendant au moins quatre ans en ce qui me concerne, tout cela devient possible, comme par magie, à quinze jours des municipales.

J'étais colère, j'étais courroux. Et puis j'ai lu l'édito de Gilles Rof dans Marseille l'Hebdo. Qui disait que quelle que soit la motivation de cette décision, les municipales ont au moins amené cette petite révolution, et c'est déjà ça.

Aujourd'hui, je suis toujours colère, mais à moitié seulement. Je compte les années perdues, mais aussi celles gagnées. Grazie mile, Gilles.

 

Raoul Duke, docteur en journalisme

10/01/2008

Je tente le 50-50

Réponse énigmatique de Jean-Noël Guérini  ce matin, à la presse :

"Ce n'est pas à moi de dire de quel courant de pensée politique je relève. C'est à vous de me le dire."

C'est-à-dire qu'en fait Jean-Noël, comme tu es du PS, soutenu par les Verts et les communistes, avec une tête de liste UMP dans le 3e secteur, une ouverture vers le MoDem et le soutien annoncé de l'extrême-gauche au second tour, nous autres journalistes on a un peu du mal à s'y retrouver.

 
Raoul Duke, apprenti realpolitik

Comme le temps passe

C'était il y a une éternité, sept ans, pour tout dire. A la veille du second tour des municipales, la tête de liste RPF (défunt parti de Pasqua et de Villiers) à Marseille appelle à voter Gaudin "pour faire barrage à la gauche". La tête de liste en question s'appelait François Franceschi, aujourd'hui tête de liste pour Guérini dans les 6e et 8e arrondissements, après un passage à l'UMP.

27/12/2007

Napoleon Bonaparte is alive and well and living in Istres

C’était il y a quinze jours. Toute la presse des Bouches-du-Rhône s’était ruée à Istres pour l’annonce officielle du retour en politique de François Bernardini. Un exemple magnifique de la guerre de mouvement en politique.

L’ancien premier secrétaire du PS 13 et ex-président du conseil général nous avait donné rendez-vous au point le plus haut d’Istres, sur la place de l’église Notre-Dame de Beauvoir, dans la vieille ville datant du moyen-âge.

Là, sur une petite dalle en béton battue par le vent, et tout autour de laquelle on aperçoit Istres et son église, le fils prodigue nous annonce qu’il sera bien tête de liste aux municipales contre le PS... mais qu’il ne se présente pas aux cantonales !

« Je connais quelqu’un qui doit se remettre à respirer en ce moment » sourit-il, en pensant très fort à Jean-Noël Guérini, son successeur qui lui a piqué à la fois la fédé socialiste et le conseil général.

Du côté de la presse, on est un peu sur le cul. Bernardini a beau dire que « la vengeance n’est pas chez moi un moteur dans l’action politique », on a du mal à y croire. Surtout quand il dit que depuis son départ pour cause de condamnation, « Istres a perdu son éclat ».

D’autant que Bernardini fait tout pour gagner le canton. Celui-ci comprend à la fois une partie d’Istres, dirigée par sa fidèle Nicole Joullia, et Fos sur Mer, dirigée par René Raimondi, PS légitimiste. Istres est très peuplée, mais a peu de taxe professionnelle, Fos a beaucoup de taxe professionnelle, mais est peu peuplée. Pour l’emporter, Bernardini choisit donc de mettre le paquet sur Istres en présentant un candidat et un suppléant istréen, avec Nicole Joullia comme candidate.

Curieux, on demande donc à Nicole Joullia qui sera son suppléant. « Je pensais avoir été claire, s’étonne-t-elle. Il s’agira évidemment de François Bernardini. »

Et là, on dit : « bravo l’artiste ! ». Car si Joullia l’emporte –ce qui a de sérieuses chances de se produire, vu les réseaux de Bernardini à Istres- le PS va se retrouver dans une position impossible au conseil général : s’il est trop méchant avec Joullia, celle-ci peut tout à fait démissionner de son mandat, faisant ainsi re-rentrer Bernardini dans l’assemblée départementale.

De son côté, Nicole Joullia assure être prête à travailler avec tout le monde et souligne qu’elle n’a « toujours pas reçu » sa lettre d’exclusion du PS... S’ils veulent s’éviter un dilemme pénible, les socialistes ont intérêt à se battre jusqu’au bout pour ce canton.

 

Raoul Duke, docteur en Austerlitz

22/12/2007

Direct du gauche

L'alliance gauche-extrème gauche, c'est pas pour demain. La liste "Marseille contre-attaque à gauche" en a donné très clairement les raisons la semaine dernière. Copyright Samuel Joshua, un des porte-parole de la LCR à Marseille :

"Pour nous, le débat droite/gauche est toujours d'actualité. Plus de 70% des foyers fiscaux de Marseille déclarent moins de 2500 € de revenus par mois. Marseille est une ville populaire, et c'est ce Marseille-là qu'on veut défendre, alors que les autres veulent s'en débarasser."

"Guérini se présente aux élections sans même se réclamer du PS. Il prône l'ouverture, le pragmatisme. Cette idée de pacification du débat politique, c'est une idée sarkozyste."

"On ne se trompe pas d'adversaire, on a toujours appelé à battre la droite. De là à s'allier à Guérini... Il y a quelques convergences dans nos programmes respectifs, mais c'est très limité. Et puis, il y a l'Histoire. Il y a pas mal de gens chez nous qui n'ont toujours pas digéré d'entendre Guérini se vanter avoir rayé des listes 14 000 Rmistes dans le département." 

16/12/2007

Plus près de toi, mon Dieuuuu

Sauf incroyable retournement de situation, le prochain maire de Marseille sera un catholique, pratiquant et fervent. Jean-Noël Guérini et Jean-Claude Gaudin sont en effet tout deux des croyants fidèles en notre seigneur Jésus-Christ et son Eglise romaine.

Le maire sortant a ainsi été un des rares hommes politiques français invités par son gouvernement aux obsèques de Jean-Paul II, geste qu'il dit avoir beaucoup apprécié. L'évènement avait d'ailleurs fait un peu jaser puisque la mairie de Marseille, laïque par définition, avait malgré tout accordé un jour de congé à ses agents à l'occasion de l'enterrement du pape.

De son côté, Jean-Noël Guérini, comme le rappelle L'Express cette semaine, a découvert la foi sur le tard mais ne manque jamais d'aller se recueillir devant le mur des lamentations lors de ses voyages à Jérusalem.  Récemment, une visite de quartier prévue dans le cadre de la campagne a dû être annulée pour cause de messe.

Ce n'est pas une nouveauté* mais c'est toujours bon de le rappeler : l'Eglise catholique est à Marseille un réseau discret mais efficace.  

Faut-il pour autant s'inquiéter de voir des croyants dans nos hautes sphères politiques ? Personnellement, ça ne m'angoisse pas trop. Des hommes qui fréquentent la paroisse du père Ottonello ne sauraient être complètement mauvais...

 

Raoul Duke, bouffeur de curés, baptisé agnostique

 

*Surtout pas depuis la parution de Gouverner Marseille, par Samson et Péraldi, désormais disponible en poche, pas cher ! 

 

 

08/12/2007

Sophisme, quand tu nous tiens

Il fut une époque où quand on tuait un préfet en Corse, les nationalistes répondaient "Nous condamnons l'acte, mais pas ses auteurs". Aujourd'hui nos hommes politiques ont trouvé leur charmante variante du même raisonnement : "Je condamne l'action de ce parti politique mais je m'allie avec ses élus locaux."
 
Dernier exemple en date : François Bayrou, qui ne sait toujours qui choisir comme tête de liste pour notre bonne ville de Marseille. La dernière fois que le leader du MoDem nous a fait le plaisir de venir à Massilia, il a évidemment subit un feu roulant de questions sur le sujet. Extraits :
 
"-Il y a ceux qui, comme Nicolas Sarkozy, veulent imposer une société à l'américaine. Et il y a ceux qui, comme nous, pensent que c'est un modèle dangereux pour la France...
 
-Vous êtes contre le projet de société de l'UMP. Vous compter donc refuser toute alliance avec la droite au second tour des municipales ?
 
-Je fais la différence entre Nicolas Sarkozy et des élus locaux avec lesquels nous pouvons travailler."
 
Comme c'est pratique... Parce qu'évidemment, comme se tue à nous le répéter Jean-Claude lors des conseils municipaux, la politique nationale et la politique locale, ça n'a ab-so-lu-ment rien à voir !
 
Pensez donc !  Gérer l'eau en régie publique ou via une société privée, donner tel terrain municipal à une société HLM ou à un promoteur, construire des routes ou des voies de bus, tout ça n'a rien à voir avec de l'idé-ô-lô-gie ou une certaine vision du monde ! C'est uniquement du pragmatisme !
 
Notons que l'argument n'est pas utilisé qu'au MoDem  : dans une interview à Libé, Arlette vient de sortir peu ou prou le même pour justifier des listes LO-PS dès le premier tour des municipales. Alors sois un peu moderne gamin :  en 2007, les frontières politiques, les points d'achoppement, tu sais, tout ça, ça n'a plus d'importance.
 
 
Raoul Duke, docteur en rhétorique 
 
 

01/12/2007

Ne dites pas à ma mère que je suis socialiste, elle croit que je suis candidat à la mairie de Marseille

Ô toi, électeur, jette un oeil attentif aux premiers documents de campagne de Jean-Noël Guérini. Il y a quelque chose que tu n'y verras pas : des références aux partis politiques.

Guérini l'avait dit dès l'annonce de sa candidature : il veut s'appuyer sur "tous ceux qui veulent changer Marseille", sans prendre en compte "les appartenances aux partis". Il est donc assez logique que lui non plus ne mette pas en avant son étiquette politique.

Mais il y a aussi une dimension mathématique à l'affaire : Guérini ne peut gagner que s'il arrive à rassembler toute la gauche ET à grappiller la quasi-totalité de l'électorat MoDem. Le supporter de Bayrou étant encore un objet politique non-identifié, qui sait si l'affichage d'un sigle "PS" voire "PC" ne le ferait pas s'enfuir à toutes jambes ?

Dans le logo de campagne de Jean-Nono, le "M" de Marseille est en orange, couleur du MoDem, au milieu d'un cercle rouge. Un lapsus, sans doute.

 

Raoul Duke, docteur en signalétique 

25/11/2007

Les chiffres ne mentent pas

Le sondage commandé par l'UMP contient également des enseignements pour le MoDem, qui balance encore entre deux candidats pour Marseille : l'ex-UDF et adjoint au maire Jacques Rocca-Serra, ou le député européen ex-Verts et opposant au maire Jean-Luc Bennahmias.

D'après le sondage TNS Sofres, 69% des Marseillais ont entendu parler de Rocca-Serra, contre seulement 34% pour Bennahmias.  Dans le même temps, 41% des sondés ont une "bonne opinion" de Rocca-Serra, 42% sont sans opinion ; 17% ont une bonne opinion de Bennahmias, 73% sont sans opinion.

Moralité : la candidature de Bennahmias est forcément compromise ? Voire. Car on peut interpréter ces chiffres dans l'autre sens* : il peut être plus facile de faire campagne avec un candidat inconnu, et de lui forger une belle image, que de faire campagne avec un candidat plus connu mais qui a déjà des ennemis.

Tout est donc possible pour Bayrou. Le Béarnais devrait être à Marseille demain pour décortiquer un autre sondage, réalisé par le MoDem, pour voir qui est le meilleur candidat pour Marseille. Chiffres chiffres chiffres...

 

*Sans même parler du signal qu'envoie Bayrou vers la droite s'il choisit Rocca-Serra, vers la gauche s'il choisit Bennahmias. 

L'électeur est contradiction, l'électeur est schizophrénie

Au-delà de l'amusante bataille de sondages que se livrent PS et UMP, il y a quelques chiffres assez étonnants à sortir de ces enquêtes-réalisées-auprès-d'un-échantillon-représentatif-de-700-personnes

-inscrites-sur-les-listes-électorales,selon-la-méthode-des-quotas.

Mandaté par le PS, l'institut BVA a interrogé ces sondés sur la crédibilité des candidats selon plusieurs thèmes. En gardant bien à l'esprit que dans un sondage, plus l'écart est important, plus la marge d'erreur est faible, ça donne :

Crédibilité sur le logement : JNG 55%, JCG 25%, NSP 20%

Crédibilité sur la propreté : JNG 47%, JCG 30%, NSP 23%

Crédibilité sur  l'emploi : JNG 45%, JCG 33%, NSP 22%

Sur trois thèmes cruciaux pour Marseille, Guérini est en tête. Mais ces sondages sont-ils fiables ? Remarquons que l'enquête BVA donne Guérini "plus crédible" que Gaudin en matière d'écoles primaires, alors que le conseil général n'a strictement aucune compétence dans ce domaine. 

Remarquons aussi que Gaudin est jugé "plus crédible" (10 points de plus que Guérini) en matière de transports en commun, mais "moins crédible (14 points de moins) en matière de circulation. Alors que les deux thèmes sont tout de même étroitement liés. Le sondé, acteur politique facétieux.

 

Raoul Duke, quizz master 

 
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