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15/03/2008

Belgitude en force

Eric Gerets, sauveur de l'OM, a expliqué à nos confrères de La Provence et L'Equipe s'être régalé devant les oeuvres des peintres flamands exposées au musée de l'Ermitage, à Saint-Petersbourg.

Alors que je m'extasiais au téléphone sur cette nouvelle preuve des qualités de notre entraîneur chéri, Stéphane, patron du service France de 20 Minutes et grand fan de l'OM, se montrait dubitatif : "Il doit faire ça pour impressionner une femme", estime-t-il. 

16/02/2008

A la veille d'un clàsico

L'artiste-performer Massimo Furlan l'avait utilement rappelé au Vélodrome en novembre dernier, le foot est aussi -voire carrément plus- un art de jouer SANS le ballon. Et que fait-on quand on a pas le ballon ? Fidèle à son habitude technicienne, Libération nous l'explique en interviewant cinq joueurs de Valenciennes.

Remarquons au passage que chaque fois, pour ce style de papiers, Libé interviewe des "petites cylindrées" du championnat : Sedan, Libourne, Metz... Les joueurs stars du PSG et de l'OM n'auraient-ils pas le temps/l'envie de répondre à ce genre de questions ? On n'ose le croire.

Peut-être est-ce tout simplement qu'ils préparent le clasico de demain soir*. La vieille rivalité footeuse dont Libé, encore lui, rappelle combien elle a été attisée, sinon construite, par les dirigeants des clubs eux-mêmes, qui en coulisses s'entendent comme larrons en foire.

Le tout au grand bonheur de certains supporters qui trouvent là un exutoire pour se foutre sur la gueule, et des CRS qui gâchent leur journée à patrouiller aux abords des stades, au lieu de courir derrière des malfrats. Perso, je suivrais ce clàsico derrière ma télé...

 

 Raoul Duke, master PES5

 

*Pour lequel l'OM, ressucité par Eric Gerets, part favori. Sans faire de chauvinisme, encore une fois à l'OM, il a suffi d'un Belge...

12/05/2007

Un bel ouvrage

Si vous ne devez lire qu'un seul article avant la finale de la Coupe de France, foncez sur la présentation du match écrite par Michel Henry, dieu vivant du journalisme et accessoirement correspondant de Libé à Marseille. Ou mieux : achetez l'édition papier. Vous y verrez le superbe reportage photo sur l'OM par Eric Franceschi, dieu vivant du photojournalisme et accessoirement correspondant de Libé à Marseille.

En plus, les compères ont commis la veille un superbe portrait de Nasri. Comme le martèle Sandrine à longueur de saison, y a pas de mystère : de tous les Olympiens, Nasri est celui qui progresse le plus régulièrement, qui est le plus constant. C'est aussi celui qui rentre manger tous les midis chez ses parents. Et dont le père a refusé qu'il parte jouer à l'étranger avant qu'il atteigne sa majorité.

 

Raoul Duke, master en PES5 

08/05/2007

Franck est amour, Franck est pardon

Franck Ribéry a accordé cette semaine un entretien à France Football, journal dont il disait pis que pendre il y a un an après que celui-ci a publié une fausse interview de lui.

Remarquons au passage qu'en dehors d'avoir présenté des excuses, France Foot n'a jamais expliqué le fond de l'affaire : on ne sait pas si l'interview a été complètement pipotée, si elle émanait d'un proche de Francky (son agent ?), ni si elle a fait l'objet de la moindre relecture avant publication plein pot à la une. Les voies du journalisme sont impénétrables...

 

Raoul Duke, docteur en confession 

21/04/2007

Faille temporelle

En bidouillant des photos, j'écoute Avi Assouly commenter OM-Troyes. Etrange phénomène : par deux fois, j'entends Avi hurler "Gooooooooooooooooooaaaaaaaaaaaaaal !" 90 secondes avant d'entendre mes voisins, qui regardent la télé, grimper au plafond.

 

Raoul Duke, docteur en câble retard 

05/03/2007

Football comedy club

Selon un sondage à paraître demain dans France Foot, l'OM est le club de L1 préféré des français avec 17% des suffrages, contre 12% pour l'OL et 4% pour le PSG.

L'écart est encore plus grands parmi les passionnés de football : 36% votent OM, 20% Lyon et 8% PSG. 

24/02/2007

Sans rancune, Fredo

Frédéric Thiriez, patron de la Ligue de foot pro, l'avait assuré lors de son témoignage au procès des transferts suspects de l'OM : la solution pour éviter les bakchichs aux agents et autres reversements aux joueurs, c'est de faire transiter tout le fric par la Ligue. Cela consacrerait la pratique selon laquelle ce sont les clubs qui paient les agents, et non les joueurs.

Fort heureusement l'Assemblée nationale vient de lui opposer une fin de non-recevoir. La mission d'information parlementaire sur les transferts de joueurs et le rôle de leurs agents veut tout faire passer par la Fédération française de foot, via la DNCG, une fois que celle-ci aura fait preuve "d'indépendance" par rapport aux instances du foot pro.

Cerise sur le gâteau : les députés voudraient que chaque joueur déclare le nom de son agent en début de saison, avec interdiction d'en changer pendant six mois, pour "éviter des dérives".

Sur une saison, le marché des transferts en France atteint en moyenne 150 millions d'euros, avec des pointes à 300 millions. Jusqu'à présent, les agents se récupèrent de 10 à 30% des transactions.

 

Raoul Duke, docteur en journalisme 

21/01/2007

Comme le temps passe

C'était en mars 2006, à la veille du procès des transferts suspects de l'OM, dans lequel Robert Louis-Dreyfus allait écoper de trois ans de prison avec sursis pour abus de biens sociaux. Communiqué du club :

« Quoi qu’il arrive à l’issue du procès, Robert Louis-Dreyfus maintiendra son implication dans l'OM ».

11/01/2007

Un Emir, sinon rien

L'Emir de Dubaï, sauveur de l'OM ! En plus de disposer d'une réserve de fric plus grande encore que celle de RLD, l'Emir permettrait à la direction de l'OM d'être définitivement à l'abri de soucis judiciaires. En effet, comment poursuivre pour abus de bien sociaux un PDG membre d'une famille royale, bénéficiant de l'immunité diplomatique ?

 

Raoul Duke, docteur en diplomatie judiciaire 

18/09/2006

Virage à la tribune

Miracle des relations presse : , grâce à un opérateur historique en téléphonie fixe et mobile, je me suis trouvé invité dimanche soir tribune Jean Bouin pour OM-Bordeaux, alors que je ne suis vraiment, mais alors vraiment pas un footeux assidu.

Les quelques lignes ci-dessous sont donc sûrement des tartes à la crème pour n’importe quel sportif. Avis aux spécialistes : ne lisez pas cette note.

Ma dernière visite au Vélodrome remontait au test match France-Australie en rugby, en tribune de presse, toujours à Jean Bouin. Spontanément, je m’attendais donc à une ambiance tout à fait différente, le public de rugby étant généralement fair-play et bon enfant (selon mon expérience toulousaine).

Et effectivement, Jean Bouin lors d’un match de foot, c’est assez décalé : des mecs attifés en Gucci et Hugo Boss hurlent au juge de ligne de s’enfoncer son drapeau… mais, dans le même temps, se lèvent à peine sur « qui ne saute pas nest pas marseillais » alors que l’OM mène 2-0.

Bref un public à l’américaine, comme pour un vrai match de baseball, qui consomme beaucoup (prix des places, buvette, produits dérivés) sans faire chier le club.

Le contraste est saisissant avec les deux virages, qui gueulent, sautent et tifotent non-stop tout au long du match, quoi qu’il advienne. Tant et tant qu’on se dit qu’à ce niveau, être supporter doit être aussi crevant que de courir sur la pelouse parmi les joueurs.

Durant l’ère Bouchet, la direction générale de l’OM répétait en interne que les deux virages font partie de l’identité du club. Les tentatives pour les contrôler se sont révélées vaines, que ce soit sur la maîtrise de la billetterie ou l’utilisation de fumigènes dans les gradins (au moins une dizaine allumés hier).

Et le match, dans tout ça ? Belle victoire de l’OM 2-1, avec une défense qui était soit très technique et intraitable, soit complètement dans le vent. Plus une ouverture du score par un Micka Pagis en forme.

Repassant les ralentis du but, les écrans géants du Vélodrome mitraillait des logos Adidas aux quatres coins du stade. Manque de pot ce soir là, Pagis portait des Nike, tout comme Franck « Scarface » Ribéry.

Raoul Duke, docteur en PES 5 (deux étoiles)

PS : nouveau slogan pour la pub OM / Adidas dans le magazine du club :

« Plus que des joueurs, une Equipe
Plus qu’un stade, le Vélodrome
Plus que des supporters, un Peuple
Plus qu’une passion, une Religion
Plus qu’un maillot, une Seconde Peau
C’est ça l’OM ! »

On en reparlera après le mercato d’hiver.

06/09/2006

Pros du stylo

France Football a avoué dans un édito que son interview de Ribéry était bidonnée. L'hebdo a la délicatesse de s'autoflageller d'un "va réapprendre ton métier de journaliste". C'est pas PPDA qui aurait fait ça !

28/08/2006

Pipeau or not pipeau ?

Nouveau rebondissement dans le feuilleton Ribéry : l'OM a sorti vendredi un communiqué dans lequel notre ami dément avoir donné une interview à France Football, qui fait pourtant sa une et trois pages sur le gaillard. 

Trois jours après la gueulante de l'OM, toujours pas de réaction officielle de France Football

20/08/2006

Coup du chapeau

A tous ceux qui, comme moi, penseraient que le foot ne peut pas aussi être une discipline intellectuelle : cette analyse de Jérôme Leroy, 31 ans, milieu offensif de Sochaux, sur un des basiques du foot, l'appel de balle (dans Libération du 19-20/8/2006). 

"En fait, je crois qu'il faut pratiquer ce sport pour apprécier les déplacements sans ballon. Ça ne s'apprend pas, ça ne se voit pas toujours ­ en tout cas, pas à la télé, qui restreint le champ de vision ­, ça se sent. Et c'est un peu tout le truc. Le déplacement sans ballon amène la passe, donc le jeu.

"Mais voilà : vous avez beau vous déplacer, vous ne recevrez pas le ballon dans la majorité des cas. Un attaquant fait 50 à 60 appels de balle par match. Tout ça pour une demi-douzaine de reçus ! Sauf que ses appels profiteront aux autres : en attirant un défenseur, il facilite la vie d'un coéquipier ­ qui fait son appel à lui ­, parce qu'il libère un espace".

"Le jeu sans ballon, c'est une affaire de sacrifice. Le baromètre de l'état d'esprit du joueur. On le fait si on veut faire du bien aux partenaires. Il y a aussi un effet d'entraînement : «Si le mec le fait pour moi, il faut que je le fasse pour lui.» Les équipes qui marchent sont celles où on voit ça. Les supporteurs viennent voir leur équipe gagner, ils se fichent de savoir comment les mecs bougent. Je trouve ça dommage.
 
"Celui qui se déplace peut faire son appel pour ne pas toucher le ballon tout de suite, mais se retrouvera dans le circuit à un moment donné. C'est comme aux échecs : on peut voir deux, trois coups à l'avance. Là, il faut un don. Le déplacement, c'est un langage implicite. Par exemple : si le coéquipier qui se trouve devant moi est statique, je peux choisir d'aller sur lui pour lui amener le défenseur qui me surveille (sourire chafouin). Comme ça, il ne risque pas de recevoir le ballon, puisqu'il a deux défenseurs ­ le sien et le mien ­ sur lui. Le fait qu'il soit statique n'échappera à personne. Et il bougera le coup d'après.»

Quand ce mec sera à la retraite, prions pour qu'il soit embauché comme consultant sur TF1, France 2 ou M6 ! Il a une belle gueule télégénique à la Zidane, tous les espoirs sont donc permis.

 

11/07/2006

Trois francs Zizou

Derrière l'homme-qui-a-mené-la-France-en-finale-pi-qui-a-mis-un-coup-de-boule -à-ce-salaud-de-Materazzi, il y a un agent de joueur qui s'appelle Alain Migliaccio. Miglaccio, qui a comparu dans le procès des transferts suspects de l'OM en 1997, et qui a été longuement cité cette année lors du second procès des transferts de l'OM au sujet de la prime de départ frauduleusement versée à un autre des ses joueurs, le président Laurent Blanc. Comme le temps passe...

11/06/2006

Où Raoul Duke disserte de l'instabilité professionnelle des footballeurs

En matière de foot-business, la presse (et même un peu 20 Minutes) a souvent tendance à crucifier clubs et agents de joueurs, oubliant un peu vite que les joueurs eux-mêmes sont parties prenantes du système.

Pas plus tard que la semaine dernière, je brocardais sur ce blog l'agent de Franck "Scarface" Ribéry, qui était en pleine montée d'enchères entre l'OM, l'OL et le Royal Fotball Club de Waterloo-Wallonie (CFA2 belge).

Le procès des transferts de l'OM nous a pourtant utilement rappelé le rôle des joueurs dans la relation trouble qu'ils entretiennent avec leurs clubs. Le savoureux Licio d'Onofrio, qui a la grande époque "avait" une trentaine de joueurs dont Ravanelli et Dugarry, a rappelé que ses poulains ne voulaient jamais rien lui payer et ne lui ont jamais rien payé. D'où l'obligation de manger sur les transferts (au moins 10% sur le montant global) et, partant, de les multiplier.

Le business serait peut-être plus clair si les agents étaient obligatoirement rémunérés par la personne dont ils défendent les intérêts (le joueur, théoriquement), à la manière d'un avocat. Ou si la rémunération, prise en charge par le club achetant, était encadrée comme peut l'être celle d'un notaire. Ca aurait en plus le mérite de montrer à nos footballeurs chéris que non, dans la vie, tout n'est pas gratuit...

Raoul Duke, docteur en actes notariés 

PS : Grand débat hier à Notre-Dame du Mont : faut-il prendre Ribéry comme titulaire ou le garder en joker une fois les défenses fatiguées ? Perso, je serais plutôt pour la deuxième solution... Vas-y Francky, c'est bon ... 

Déontologie

Le jour même du délibéré dans le procès de l'OM, RMC faisait de pleines pages de pub sur ses commentateurs vedettes pour le mondial, parmi lesquels Courbis Rolland, qui s'est tout de même mangé trois ans et demi de prison ferme (et qui fait appel évidemment). Déontologiquement classe.

Dans le même temps, l'épouse de Raymond Domenech commente tous les dimanches soirs les choix de son mari dans l'émission foot de M6. Et tout les week-ends, Mme Borloo présente les infos aux JT de France 2.

Mais comme le dit la charte des journalistes "le journaliste ne reconnaît que la juridiction de ses pairs en matière d'honneur professionnel"... 

09/06/2006

Le foot, gross malheur !

On s'en doutait déjà un peu, mais ça fait du bien de l'entendre dit haut et clair par la justice, copyright 6e ch. corr. TGI Marseille 9/6/2006 :

"Les exigences de la DNCG ont dû avoir une part dans la volonté de l'OM de dissimuler [certaines rémunérations]"

"Les explications avancées pour expliquer le montage du transfert de Bakayoko prêteraient à sourire s'il n'y avait les sommes détournées"

"On a pu mesurer que ces pratiques [de commissions occultes] étaient généralisées".

"La fraude a été un des outils de gestion de l'OM sur la période 1997-1999."

"Les peines d'amende maximales prévues par la loi apparaissent quelque peu dérisoires au regard des sommes détournées."

"Les demandes de l'OM en tant que partie civile ne peuvent être recevables. L'OM a des préoccupations que le tribunal ne peut faire siennes."

Demolition men (and women)

En deux heures de délibéré ce matin, la sixième chambre correctionnelle du TGI de Marseille a réduit à néant toutes les lignes de défenses de Robert Louis-Dreyfus dans le procès sur les transferts suspects de l'OM période 1997-1999.

"En plaçant la société OM dans la dépendance totale à Eric Soccer [holding détenue à 90% par RLD], Robert Louis-Dreyfus ne pouvait ignorer que l'esprit de la loi [sur l'organisation des clubs sportifs pros] était bafoué" estime le tribunal.

Et pourtant "l'accusé a essayé d'échapper à ses responsabilités [...] Robert Louis-Dreyfus ne pouvait pas s'en tenir à fixer "une enveloppe globale" pour le transfert des joueurs puisqu'il apparaît que les commissions frauduleuses étaient essentielles pour la conclusion de ces transferts. [...]"

" Le transfert de Laurent Blanc, premier transfert de l'ère Dreyfus, est emblématique : il se conclut avec un agent de joueur qui comparaissait au même moment devant le tribunal de Marseille dans le premier procès des comptes de l'OM. Dès lors, Robert Louis-Dreyfus ne pouvait ignorer les risques qu'il faisait courir à l'OM en passant par cet agent. [...] Ce procès aurait suffit à lui seul à alerter tout le monde sur les pratiques douteuses dans le milieu du foot. Les prévenus ont tous agi en connaissance de cause"

Quant à l'image de "fan désintéressé" de RLD, le tribunal remet les pendules à l'heure : "Au sein de l'OM, Robert Louis-Dreyfus a d'abord agi pour l'intérêt d'Adidas, puis pour avoir une reconnaissance personnelle dans le milieu du foot, au bénéfice de son image personnelle".

Au final, RLD est condamné au maximum : trois ans avec sursis et 375 000 € d'amende. Le président Vincent Turbeaux précise "pour les béotiens", que l'interdiction d'exercer dans le milieu du foot n'a pas été prononcée "car les poursuites ne le permettaient pas". Courageusement, RLD ne s'est pas présenté hier devant le tribunal. Il ira en appel, évidemment.

04/06/2006

Mafia, avec un seul "f", comme dans foot

D'après les dernières rumeurs, Fernandez aurait quitté l'OM parce que certains parents de joueurs l'auraient menacé de lancer des mafiosi à ses trousses s'il ne prenait pas leurs poulains en équipe première, avec le salaire qui va avec...

De deux choses l'une : ou c'est vrai, et ça en dit long sur l'autorité du staff de l'OM (qui a dit que dans le foot, le pouvoir appartenait maintenant aux joueurs ?), ou c'est faux, et ça en dit long sur la grande transparence qui règne dans ce club pour en arriver à des hypothèses comme celle-là.

Un soir de désoeuvrement, cette semaine, j'ai revu le docu "Allez l'OM" sur la période Bouchet-Perrin : et nooooooon, noooooon, rien n'a changé, tooooout, tooooout a continué, hey heyyyyyyy

Raoul Duke, docteur en Poppys 

24/03/2006

Nul n'est censé ignorer la loi

Bizarrement, au procès de l’OM, tous les prévenus connaissent l’article de la loi de 1984 qui fixe la commission maximale de l’agent à 10% du montant du transfert, mais aucun ne connaît l’article de la même loi qui oblige tout transfert de joueur depuis ou vers l’étranger à transiter par un agent français…

Héritage

Quand RLD a embauché Courbis, il lui a dit « pas de matche arrangé, pas de dopage, pas de magouille ». Ça ne suffit malheureusement pas pour solder l’héritage laissé à l’OM par Tapie.

Nanard avait aussi laissé en souvenir des contrats de reclassement d’anciens joueurs qui, comme Marcel Dib, avaient reçu des garanties d’embauche (même le salaire était prévu) dans la direction sportive de l’OM. Effaré par le nombre de bras cassés qu’il allait récupérer dans sa direction, Roussier a tenté d’annuler ou de minorer ces contrats avec l’aide de la Ligue. En vain.

On en a vu les conséquences dans le transfert da Silva. Complètement incompétent sur plan financier, Dib devient l’allié objectif de Courbis, alors qu’un directeur sportif doit justement faire tampon entre l’entraîneur et l’administratif. Le duo s’emballe pour des joueurs qui s’avèreront être des chèvres, quand face à eux Roussier est peu à peu mis sur la touche par RLD.

Autre cadeau empoisonné laissé par Tapie : la gestion des abonnements aux virages par les clubs de supporters. A l’actif : cela entretient la ferveur unique qui entoure l’OM, et les supporters disposent d’un moyen de pression pour que le prix de l’abonnement reste abordable. Au passif : cela crée une pression continue sur la direction du club, confrontée à des clubs de supporters qui s’estiment, non sans raison, co-propriétaires de l’OM. A l’audience, Roussier a souvent parlé du facteur « pression des supporters » pour justifier l’urgence de tel transfert. Face à ça, RLD a joué les girouettes : exigeant de Roussier une augmentation du prix de l’abonnement, il finit par lâcher son président délégué et se choisir un « conseiller du président pour les relations avec les supporters ».

Avant d’en arriver là, Roussier le parisien aura été plusieurs fois séquestré par les supporters dans son bureau, voire malmené physiquement, notamment à l’aéroport de Marignane. Au point qu’il devra un temps être accompagné de gardes du corps.

Depuis la pression est un peu retombée mais le problème demeure. Tapie, dans sa retraite dorée, doit encore bien se marrer.

Des hommes d'honneur

Robert Louis-Dreyfus, Courbis, Angeloglou le martèlent : ils ne sont pas hommes à fuir leur responsabilité. Mais en pratique, à l'audience, ces fort responsables dirigeants ont fait tout le contraire. RLD estime que tout a été commis "à son insu", Courbis noie le poisson quant à son pouvoir réel au sein de l'OM et Angeloglou ne reconnaît que des "appréciations inexactes".

Le seul à assumer, c'est Roussier. Il reconnaît avoir signé les transferts et négocié les commissions, ne pas s'être posé de question parce que "à l'époque, dans le foot, c'était comme ça", avoir foncé tête baissée parce que la pression des supporters était trop forte. Roussier a été le premier président délégué de l'OM version RLD. Après dix jours d'audience, on a l'impression qu'après lui ça n'a plus fait qu'empirer à la direction de l'OM.

23/03/2006

Quelques p'tites, pour la route...

Copyright 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

« Je ne vais pas applaudir frénétiquement à tout ce qui se passe à l’OM, rassurez-vous » Me Paul Lombard, avocat de l’OM, partie civile au procès contre son actionnaire principal Robert Louis-Dreyfus

« J’ai bien vu vos règlements : au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme » Turbeaux à François Ponthieux, président de la DNCG, sur les sanctions prévues contre les clubs en dérive financière

« Je suis le seul avocat entre les ayatollahs du chiffre » François Ponthieux sur la composition de la DNCG

« C’est comme dans les films » le procureur Marc Cimamonti et Me José Allegrini, en chœur, alors que François Ponthieux explique que les membres de la DNCG sont nommés par « les grandes familles » du foot

« C’est ma première intervention idiote » Me José Allegrini après sa remarque sur les nominations à la DNCG

« Vous n’êtes pas comme Robert Duvall dans Le Parrain, vous n’avez pas qu’un seul client » Turbeaux à Me Denys Angeloglou

« Comme toujours en matière financière, on est un peu déçu quand on regarde les expertises » Vincent Turbeaux

« Un joueur argentin de 17 ans, c’est pas comme 17 ans en Afrique, c’est vraiment 17 ans » Rolland Courbis

« On ne juge pas les mauvaises affaires qu’a faites l’OM parce que là, sinon… » Vincent Turbeaux

« Vous achetez un joueur argentin mineur via une société britannique : pour un gars normalement constitué, élevé en Europe occidentale, qui a entendu parler de Thomas Jefferson et de Benjamin Franklin, vous ne vous posez pas de question ? » Turbeaux à Yves Marchand

« Je fais confiance aux gens qui me demandent de signer » Yves Marchand à Turbeaux

« J’aurais mieux fait de ne pas parler espagnol » Angeloglou sur son implication dans le transfert de Calandria

« Là monsieur, il s’agit pas de vendre des téléphones portables ! » Turbeaux à Angeloglou sur le transfert Calandria

« Votre analyse n’est pas inexacte, elle est totalement erronée » Turbeaux à Angeloglou à propos du moment où il rédige le contrat de transfert de Calandria

Bétail

On avait déjà eu d'Onofrio qui se vantait "d'avoir" 35 joueurs, on a eu hier l'avocat et ami de RLD Denys Angeloglou qui rédige en 1999 un contrat stipulant que le joueur Pablo Calandria (17 ans à l'époque) "appartient à la société Quadrisport" domiciliée dans un bureau bidon à Londres. Le président Turbeaux a beau rappeler le code civil, qui interdit que les personnes physiques soient propriété de sociétés, sur le coup ça ne lui a pas semblé bizarre à Me Angeloglou.

En même temps, nos footeux sont-ils vraiment à plaindre ? Sûrement pas ceux qui percent dans le foot business : nourris, logés, blanchis, appartement, voiture, téléphone portable... Ils ont tout, ne paient rien et, comme nous l'a prouvé Dugarry hier, sont à l'abri des foudres de la justice (à moins que, dans les enquêtes encore en cours, le parquet ne se concentre que sur trois ou quatre transferts emblématiques pour les traiter de A à Z, comme le souhaite le procureur Jacques Beaume)

Pour les autres, ceux qui ne réussissent pas, on a l'impression d'un vaste marché de l'être humain. "Attention, un joueur de 17 ans en Argentine c'est pas comme 17 ans en Afrique, c'est vraiment 17 ans" disait Courbis hier. T'as raison Rolland, faudrait pas se faire refiler une vieille carne en lieu et place d'un poulain fringant.

Raoul Duke, journaliste de sport en salle (d'audience)

22/03/2006

J'ai poussé trop vite...

A écouter les dirigeants de l'OM raconter l'ascension fulgurante du club après son rachat par RLD (4e puis 2e au championnat en moins de trois saisons), on finit par se demander si l'OM n'a pas remonté la pente trop vite.

"Si monsieur Louis-Dreyfus n'avait pas investi dans l'OM, le club aurait pu se retrouver plusieurs fois en cessation de paiement" a assuré ce matin un expert-comptable cité par les avocats de l'OM, partie civile au procès. Bien dit mon gars ! D'autant que, comme le montrent les stats de la DNCG sur la saison dernière (et sur l'ensemble des saisons d'ailleurs), il n'y a pas de corrélation entre le niveau de budget d'un club et ses résultats sportifs.

L'OM, donc, ou l'histoire d'un club qui a voulu sa faire plus beau qu'il ne l'était, qui a préféré la frime d'acheter quelques joueurs de renom plutôt que de perdre du temps à créer un collectif. En bourse, faire des coups plutôt que d'investir sur le long terme, on appelle ça spéculer. Et quand on spécule, on finit un jour ou l'autre par se retrouver ruiné.

Minable jusqu'au bout

Christophe Dugarry ne sera pas entendu par le tribunal. L'ex-joueur de l'OM a été surpris par le président Turbeaux en train de discuter avant l'audience avec l'avocat de son ancien agent Licio d'Onofrio. Logiquement, le parquet a demandé que le témoin, dont l'impartialité ne pouvait plus être garantie, ne soit pas entendu. Ce que le tribunal a tout aussi logiquement accepté.

Dugarry avait été cité par la défense de Rolland Courbis. Me Allegrini, avocat de l'ex-entraîneur, "regrette" que Duga n'ait pas pu témoigner. Mais il assure que l'avocat de d'Onofrio voulait simplement guider Dugarry vers la salle d'audience, puisqu'il n'y avait pas d'huissier disponible.

Cet incident d'audience, tellement énorme qu'on pourrait le croire provoqué, donne le haut-le-coeur :

-soit l'avocat de d'Onofrio a agi en toute bonne foi, et il est incroyablement naïf pour un avocat de son expérience dans un procès aussi tendu

-soit il était vraiment en train de faire la leçon à Dugarry, et dans ce cas-là il fait preuve d'un toupet incroyable. Tout le monde sait que les témoins peuvent être contactés avant l'audience. Quel besoin de le faire au tribunal, sous le nez du président ?

On ne saura donc rien de ce que Dugarry connaissait des conditions de son transfert à l'OM. On en saura pas plus sur l'argent que d'Onofrio a viré sur un compte de Dugarry au Luxembourg après son transfert.

On en saura rien aussi parce que le juge d'instruction n'a pas cru nécessaire d'interroger les joueurs au cours de son enquête. Par manque de moyen devant l'ampleur du dossier, peut-être. La grande famille du football en sort une fois de plus grandie...

20/03/2006

Sssssboiiiiingggg !!!

Copyright Marc Cimamonti et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

"C’est question pour un champion !" : le procureur Marc Cimamonti à un avocat qui demandait si quelqu’un dans la salle connaissait le prix de vente de Diawara lors de son transfert de l’OM au PSG

La poursuite impitoyable

Copyright Vincent Turbeaux et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

"Je confesse que je suis de ceux qui passent à l’orange bien mûr et qui sont contents qu’il n’y ait pas de gendarmes " le président Vincent Turbeaux après avoir précisé n'être pas favorable à ce que toutes les personnes qui pourraient être incriminées dans une enquête soient systématiquement renvoyées devant un tribunal

Coach Courbis, I presume ?

Copyright Rolland Courbis et 6e ch. corr. TGI Marseille 2006 :

-"Je vais essayer de vous convaincre une nouvelle fois, je me mets à votre place, je vous le promets" Courbis au président Turbeaux

-"Pour la présentation d’Anelka à son retour du PSG, ils ont tout de même fait défiler en peau de bête un type qui leur a coûté 200 millions de francs alors qu’il leur avait été piqué à 4 millions de francs par Arsenal"

-"Si je signe, je signe Rolland Courbis puisque je suis Rolland Courbis" à propos du contrat Diawara échangé par fax entre l'hôtel de Courbis sur le Vieux-Port et le Standard de Liège où RLD assistait à un match

Allers-retour

Echange ce matin entre le président Turbeaux et Rolland Courbis à propos de Pierre Dubiton, ex-comptable de l'OM, grand pourfendeur de la mafia du foot mais lui-même condamné à trois mois de prison avec sursis pour le transfert en 2001 de Pascal Nouma :

-Turbeaux : "Lors du transfert de Da Silva, Dubiton s'étonne que le paiement se fasse sur un compte off-shore..."

-Courbis : "Oui mais de toute façon Dubiton il crie tout le temps, il veut tuer tout le monde, il dit qu'il est protégé..."

-Turbeaux : "C'est vrai que les gens qui font des allers-retour à la direction de l'OM doivent être sujets à caution. Dubiton c'est un fondu, uniquement de football j'espère. Vous vous avez été entraîneur de l'OM qu'une seule fois, vous êtes moins fondu".

 
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